SCÈNE VI
MADEMOISELLE ZIGUETTE , M. FAN- FERLUCHE.
M4DBM0ISBLLB ziGUBTTB. — Gommeut^ monsieur^ vous voilà encore ! Madame^ qui s'endort toujours après son petit lever^ est aujourd'hui fort éveillée. Elle va sonner tout à Pheure; allezvous-en bien vite, je vous prie.
M. FANFEBLUCHB. — Ce quc j'ai à vous dire n'est pas bien long... Si j'osais...
MADEMOISBLLB ZIGUETTB. — C'CSt qUC jC
tremble que madame ne m'appelle.
M. FANFEaLucHE. — Sij'osais...
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — Si je UC Crai-
gnaispas...
M FANFBRLUCHB. — Jc u'aî quc dcux mots. . .
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — Je ne suis pas sûre de deux minutes.
M. FANFEBLUCHE. — Dcux mots sont bientôt dits!
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — DCUX miUUteS
sont sitôt passées !
M. FANFEBLUCHE, aptès UH SOUpÎT. — Ah!
mademoiselle Ziguette, si mes mérites n'étaient pas autant au-dessous des vôtres... (// s'arrête.)
MADEMOISELLE ZIGUETTE, commc si elle entendait la sonnette y tressaille. — Ah! mon Dieu ! j'ai cru entendre la sonnette.
M. FAifFBBLUCHB. — Rassurcz-vous, mademoiselle. Mon Dieu, je suis fâché... Mais vous ne m'écoutez pas... vous n'entendez que la sonnette...
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — MauditC SOIl-
nettel C'est vrai, c'est vrai; je vous l'avoue : je n'ai pas entendu ce que vous m'avez dit. Si vous aviez la bonté de le répéter?
M. FANFEBLUCHE. — Je u'ai pas dit ce que je voulais dire.
M4DEM0ISELLE ZIGUETTE. — Eh bleU , VOU-
lez-vous me dire, bierïH^, ce que vous ne m'a-
vez pas dit? Mais, bien vite, car je crains.., (Elle regarde la sonnette.) M. FANFEBLUCBB. — Bjcn vite!... Voilà la difficulté... Comment vous dire sans précaution... Et si vous vous fâchez, je n'aurai peutêtre pas le temps de vous expliquer... et de vous apaiser.
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — Oh! mais, SI cë
que vous voulez me dire est si terrible!... je ferai bien, peut-être, de ne pas vous écouter. M. FANFEBLUCHE. — Terrible? Oh, non! Ne craignez pas... Allons, il faut parler... Mademoiselle , je me permets de vous dire que je vous adore, et môme que je vous aime ; et je vous prie, avec la permission de ma chère mère , de vouloir bien être consentante à ce qu'elle demande à madame la marquise , qui est votre marraine, la permission de devenir...
(// hésite.)
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — Quoi?
M. FANFBRLUCBE , d*une VOIX altérée. — Vous ne devinez pas?
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — Nou. {La Sonnette sonne^ et mademoiselle Ziguette court à madame la marquise.)
M. FANFEBLUCHE. — Un momcut donc, un moment!
MADEMOISELLE ZIGUETTE. — VoUS enlCIldeZ
bien qu'on m'appelle !