SCÈNE IV
M. GRAP, MADEMOISELLE GRAP, CHIP fils, venant de la ville.
CHIP fils, se présentant pour entrer chez son père. — Qu'est-ce que ce piquet?
M. GBAP. — Ils disent que c'est Tingénieur en chef des ponts et chaussées du département, qui veut planter là une borne : mais, cela n'est pas clair... je soupçonne autre chose.
CHIP fils. — Et quoi?
M. GBAP. — Je soupçonne qu'ils veulent chercher querelle à votre père pour ses mesures. Ils ont dit qu'on trouipait ici les voyageurs sur les mesures vétérinaires,
CHIP fils, bas. — Morbleu!... mais non... le beau-père radote. {Haut.) Ce sera, sûrement, l'administration des ponts et chaussées qui vient planter là une borne milliaire, comme elle a fait hier à une demi-lieue d'ici. Ce doit être le numéro 46, car celle que j'ai vue tout à l'heure, en revenantj^ est 45.
M. GBAP. — Vous croyez...
CHIP fils. — Eh oui, je crois, et ne crois que trop, qu'ils vont bloquer la boutique de mon père!
jà. GHAP. — Et si c'est là leur dessein... la
mienne, même, en souffrira. Ils rétrécissent mon entrée.
CHIP fils. — Mais, ils bouchent celle de mon père. La belle place pour mettre une borne!
M. GBÀP. ^ Mais, puisqu'ils bouchent l'entrée de ton père, ils pourraient, sans inconvénient, poser la borne un peu plus de son côté : cela me ferait grand bien; cela ne lui ferait pas plus de mal.
CHIP fils. — M'empêcher d'entrer au gîte nuptial, le jour de mon mariage!
MADEMOISELLE GBÀP. — Ah! mou ami, si c'était pour t'empêcher de sortir après!
CHIP fils. — Mademoiselle, qu'est-ce que le plaisir d'y être? il faut sortir pour rentrer, et rentrer pour sortir. Et puis, ils empêchent le commerce de mon père. Oh! j'attendrai ici monsieur l'ingénieur, et parbleu ! . . .