MÉMOIRE
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(ISOS.)
Le ministre de l'intérieur avait deux grandes opérations à faire, l'une sur les choses, Fautre sur les personnes. La première, pour la facilité de rimpôt, pour llncitation au travail, pour l'ordre public, qui se mesure presque toujours sur Pintérêt qu'a le pays à travailler, et sur l'habitude du travail; hi seconde, pour l'ordre public et la sûreté générale immédiatement.
Je veux parler de la division et du partage des biens communaux; je veux parler aussi d^un système de police nationale.
Ni l'une ni l'autre n'ont été faites; mais la première de ces opérations a été ordonnée par une loi de Joseph !•'; il y a même eu quelques dispositions prescrites pour l'exécution/ Le travail est le vrai régulateur des mœurs sociales, en ce qu'il enchaîne tous les hommes, les uns aux autres, par des liens volontaire»; la première origine de la richesse, puisque nulle jouissance ne s'obtient que du travail ; ce qui
9ËS MŒLKS, SON CLIMAT, ETC.
teni) à augmeater le travail est donc d'une haute utilité.
La terre est ce qui offre ou demande le plus de travail aux hommes ; mais il faut qu'ils aient la propriété de la terre pour y placer leur travail. L'esprit de propriété est donc le plus grand mobile du travail. Le partage de la terre entre un grand nombre d'hommes tend k introduire Tesprit de propriété et la propriété. Les communaux sont immenses à Naples comme «n Espagne (1).
Le partage des biensdes communesétait donc ce qu'il y avait de plus 'favorable au travail à Naples; c'était donc ce qu'il y avait de plus favorable à la richesse dti pays et à la civilisation 4es habitants. Venait, ensuite, Tabolition de la féodalité, qui dégageait les colons d'assujettissements honteux et décourageants; venait, ensuite, la réduction des majorats, les majorats nuisent à la richesse et au travail en ce qu'ils empêchent les ventes ; les ventes sont des occasions de travail nouveau, ou des moyens souvent nécessaires d'un travail antérieur. Tout homme qui a besoin de vendre n'a plus de quoi améliorer la terre ; elle languit donc tant <iu11 a besoin de vendre et qu'il ne vend pas. Celui qui achète le fait toujours avec l'intention d'améliorer, et presque toujours avec les moyens nécessaires. Donc, quand les majorats, comme à Naples et en Espagne, tiennent enchaînés hors de la circulation de vastes domaines, une portion considérable des domaines du pays , ils portent un préjudice considérable au pays, surtout quand les seigneurs sont notoirement ruinés.
Le roi a ordonné le imrtage des communaux, il n'a pas été consommé. Je ne sais pas ce qui en a empêché; je ne sais même ce qui a été fait pour cela.
Je passe à la police nationale.
On a fait à Naples ce qui a été fait en France : une police municipale, une police de sûreté, une police générale.
On a laissé les deux premières dans l'état de débilité où les mœurs françaises permetr talent de la réduire en France, et où la civilisation parfaite, la proportion des propriétaires intéressés à l'ordre avec les prolétaires enclins
(1) Quelle fraction da territoire total? Voir la description du royaume de Naples.
MU désordre, la police naturelle qui s'établit par le travail d'une nation laborieuse^ industrieuse, les avaient réduites depuis longtemps (I).
On a cru suppléer, à Naples, au défaut d'organisation municipale, en donnant beaucoup de force à une police générale, en créant un ministre pour cet objet, en lui laissant un vaste arbitraire.
Erreur.
Les anciens contenaie.nt leurs prolétaires par l'esclavage; les Chinois, par l'autorité patriarcale, qui place sous le pouvoir du plus vieux de la. famille de nombreux enfants mineurs, majeurs, pèrçs de famille eux-mêmes; les modernes, par le gouvernement féodal.
Nous n'avons ni ne voulons l'esclavage.
Nous n'avons ni ne voulons l'autorité patriarcale, heureux d'avoir le système de l'autorité paternelle en vigueur.
Nous ne voulons plus du système féodal.
Mais il nous reste une organisation d*un autre genre; c'est l'organisation des prolétaires en milice, sous l'autorité d'une discipline énor^ gique administrée par des propriétaires.
Ce sera, sous quelque rapport, la féodalité de la propriété , au lieu d'être celle de hi seigneurie
C'est le système d'Alfred en Angleterre ,
Même de Charlemagne en France.
Les dizainiers, les centainiers étaient cek (2).
On peut y soumettre le prolétaire sans l'avilir. Il ne faut pas lui dire. Je t'enrégimente pour t*enjpêcher de faire le brigand ; il faut lui dire : Je t'enrégimente pour que tu concoures avec nous à réprimer les brigands. ^
L'expérience enseigne une vérité bien importante pour les législateurs, et pourtant bien peu remarquée : c'est que le brigandage est à p<'u près inévitable dans tout pays où le brigand trouve des asiles ; et que la police la plus active, la plus dispendieuse, la plus redoutable, s'y trouve continuellement en défaut, comme
(1) En France, il y a cinq propriétaires. pour un prolétaire, et à Naples il y a dix prolétaires pour un propriétaire.
(2) (Note de VédUeur.) On a vu à la page 339/du tome m, que mon père combattit Tintention qu*avait le premier consul d*appliquer ce système à ta France. 1er, il le croit nécessaire à un peuple conquis, non civilisé, rendu indisciplinablepar des institutionscorfovii;giemteê^ et par des habitudes invétérées de brigandage.