Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]
J' *v RoTRou naquit k îheut , petite ville ie Normandie, le 19 ou le ai août 1^09, de Jean Rotrou et d'Elisabeth Lefactieux. Sa famille , Tune des plus anciennes du lieu , y avoit de tout temps rempli les premières charges : Tun de ses ancêtres j Pierre Rotrou, occupoit, en i56i , celle de lieutenant général du bailliage de Dreux , ainsi que le constate une inscription tr»^ cée sur la cloche de raôtel-de-Ville, dite le Beffroi.
Rotrou n'ayoit pw dix-neuf ans , quand il publia Vffjrpocon^ driaqueét la Bague de POtibli; îl laissa passer peu d'années , depuis cette époque jusqu'à celle de sa mort , sans faire représenter deux ou trois pièces de théâtre. Hardy, son prédécesseur, avoit accoutumé le public à une grande fécondité ; et les comédiens pour lesquels il composa plus de cinq cents tragédies , habitués à exercer leur mémoire , ne dévoient pas être difficiles sur la réception d'ouvrages qui n'étoient presque point payés. On concevra sans peine qu'un jeune homme d'une (conduite peu reguHëre, à ce qu'il paroit, et pressé de jouir , ait négligé des ouvrages qu'il composoit pour un léger salaire plus que pour la {loirey et Ton ne s'étonnera pas de la faiblesse de ses premières
vni NOTICE SUR LA VIE DE JEAN ROTROU.
» que le péril oii je me trouve ne sait fort grand , puisqu'au M moment oii je vous écris on sonne pour la vingt-deuxiëme M personne qui est morte aujourd'hui. Ce sera pour moi quand » il plaira k Dieu. .'. . » Et en effet , atteint de la maladie , il y succomba le 28 juin i65o , âgé de quarante ans et quelques mois, et fut inhumé en l'église paroissiale Saint-Pierre de Dreux.
Rotron,. marié à Elisabeth Lecamus , laissa trois enfans. Une branche de 'cette famille existe encore dans la résidence de ses pères y oii plusieurs de ses membres ont exercé depuis des emplois honorables. D'autï*es descendans directs se sont fixés dans les environs dlÊtampes ; l'un d'eux , vieillard de 84 ans, est aujourd'hui maire de Sondreville ; et nous devons à son obligeanc*^ quelques détails de cette notice.
L'académie française proposa la mort de Rotrou pour sujet du prix de poésie de l'année 181 1 . M. Millevoye fut couronné : ce jeune poète , enlevé trop tôt aux muses et à l'amitié , étoit aligne par son caractère d'apprécier toute la sublimité de l'action de Rotrou , et de la célébrer par son talent.
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