ACTE V, SCÈNE VIII
LionoB. ^ Que d'un prompt diangement son visage pâlit !
LE HOi debout y le chapeau à la main*
Sire, le cas est tel : un vassal infidèle Aime la sœur d'un prince et se fait aimer d'elle; Ce prince, qui ne craint ni prévoit ce danger, La promet à l'amour d'un monarque étranger ; Elle y semble portée , et toutefois en l'âme Elle garde toujours cette première flamme. Enfin, elle conspire avecque son amant Doter le sceptre au roi par un enchantement; Ils cherchent un secrets là-dessus on déploie Tout ce que la magie en ses crimes emploie. Ils trouvent celui-ci propre à leur trahison , Par un anneau charmé le roi perd la raison. Le voyant en ce point , toutes craintes bannies , Ils ont à son déçu leurs deux moitiés unies , Disposé de l'état, changé les généraux, Enfin du bien d'un autre ont fait les libéraux. A voir ce changement tout le peuple soupire ; Qu'ordonne là-dessus votre majesté, sire?
LEAiCDRE, tout bas Ci Léonor, Nous sommes découverts , le sort nous a trahis; Mais redonnez le calme à vos sens ébahis ,
(Haut.)
Et me laissez répondre. Il est vrai que l'offense
Est d'une qualité qui paroît sans défense ;
Que je plains les travaux que ce prince a reçus;
Mais il faut plus long-temps consulter là-dessus;
Devant que de vider cette première cause.
Sire , daignez ouïr celle que je propose.
Un monarque, amoureux d'une jeune beauté ,
Dresse des rets honteux à sa pudicité ,
Et 9 par les doux appas d'une fausse promesse.
Attire à spn amour les vœux de sa maîtresse.
Son père , plus prudent , qui la voit s'engager ,
La destine à l'amour d'un seigneur étranger.
Le roi par elle-même apprend cette nouvelle.
Et fait saisir le père et l'amant de la belle.
Pour éteindre à souhait ses lascives amours,
Il met ces deux seigneurs en danger de leurs jours.
Et devant ses états les déclare coupables
D'un crime supposé dont ils sont incapables.
Sire , vous dépouillant de toute passion ,
Qu'auriez-vous ^estimé de semblable action ?
Pour moi , je n'y vois point d'excuses légitimes.
Si ce n'est que l'amour est auteur de ces crimes.
A juger sainement, ses aveugles accès
Ont causé le premier et le second procès;
Que peut-on d'un enfant désirer de vengeance ?
Avec lui la raison n'a point d'intelligence.
Et, si je dois à tous donner mon jugement.
Je pardonne leur faute à leur aveuglement;
D'autant plus juste arrêt qu'en la première offense,
On n'a point secoué le joug d'obéissance;
Que cet humble sujet n'a point affection
Que de cueillir les fruits de son ambition.
' (Ils se jettent à genoux, et Lëandre continue.)
Sire, devant les dieux ce criminel le jure. Attendant à vos pieds pardon de son injure.
LE ROI , en colère.
Traîtres, c'est vainement que vous m'avez surpris ^ Une honteuse mort vous servira de prix. Alexandre, il est vrai, cette rare merveille