‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 136 sur 406 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DEUX VOLEURS, DORISTÉE. ^

PREMIER VOLEUR

Ami, vois-tu cet homme assis e.n cette plaine? , ;

DEUXIÈME VOLEUR

Son habit promet moins de profit que de>peine: Le bien n'arrête point dans le& mains de ces gens Affamés et toujours à leur ventre indulgens.

PREMIER VOLEUR. , . ' '

Voyons-le toutefois.

DORISTEE.

O dieux! à cette vue, Que mes sens sont troubles, que mon âmei est émue J Tome I. i3 '

194 CLEAGÉNOR ET DORISTÉE,

Fuîrai-je ces voleurs ? leur geste et leur façon Ne confirinent que trop mon timide soupçon; Mais je fuirois en vain si foible et si lassée. Qu'avant qu'être en ce bois iU m'aunoient devancée*

PREMIER VOTLEUR.

La bourse, camarade?

DORISTIÉE.

Hélas! pauvre inconnu, Sans maître, sans, pays, si mal fait et si nu, Qu'e^érez-vous de moi? prenez ce qui me reste , De ma captivité ce signe manifeste.

Ce vieil habillement , ce reste de mon bien , Et croyez que l'ayant vous ne me laissez rien.

DEUXIÈME VOLEUR

O sort injurieux , qui rends nos prises vaines , Et qui toujours de vent récompenses nos peines! Quel butin profitable en suivra tant de faux? Sacrifions ce gueux à de si longs travaux. Ma main, depuis long-temps exempte de carnage, Doit ce rebut du sort pour victime à ma rage.

PREMliER VOLEUR.

Arrête, s'il promet avec affection.

Nous servant, exercer notre profession, Il nous est de besoin.

Si foible et sans adresse v En quoi vous peut, messieurs, seconder ma jeuness Où vous puis-je servir? ^

DEUXIÈME VOLEUR

C'est trop, et ton trépas Suivra ta résistance, ou tu suivras nos pas.'

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