‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 158 sur 406 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

THÉANDRE, PHILÉMOND.

THÉA.NDRE.

Quelle tristesse, page, Et quelle inquiétude est peinte en ton visage? Le bien que je te dois m'oblige à t'obliger ; Si ton joug est trop rude, il le faut alléger: le veux que ton servage égale mes délices, Que ta discrétion mesure tes services, £t que , sans t'obliger d'un empire absolu ^

2i8 • CLÉAGÉNOR ET DORKTÉE, Oh reinette à ton choix quoi qu'on ait résolu: Quelqu'un t'a-t-il prescrit une loi plus sévère ?

PHILÉMOND.

Ah!

THKANDRE.

Je veux plus encor : qu'on t'aime, te révère, Qu'on suive tes avis, et que tes sentimens Passent pour des arrêts ejt des commandemens.

PHILÉMOirD.

Je respecte le joug où mon destin m'engage; La liberté vaut moins que cet heureux servage ; Mais je dois rapporter plus à votre dédain Qu'à votre affection ce traitement humain Où vos bontés, monsieur, épargnent m» jeunesse, £t ma seule impuissance entretient ma paresse.

THÉAWDRE.

Qui pourroit t'écouter sans inclination?

Ton esprit est plus grand que ta condition , Et le ciel destinoit un si parfait ouvrage Bien plus à recevoir qu'à rendre de l'hommage; Mais plus je te regarde , et plus je me souviens D'une qui fut l'objet de mes vœux anciens"^ Et qui de voit combler les plaisirs de ma vie, Si devant notre hymen la mort ne l'eût ravie : Voilà son même teint, c'est son œil que je vois, Et pour la figurer elle revit en toi.

PHILÉMOrrD.

Je dois beaucoup^ monsieur, aux soins de la nature.

Puis-je voir sans baiser sa vivante peinture? Je vois la même image, et me puis contenir?

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