Tome L i
i4îi CLÉAGÉIÎÏOR ET DORISTÉE,
Écoute et souviens-toi d'observer ma parole : Je t'aime, je l'avoue, et le ciel m'est témoin Que ma propre raison me manque en ce besoin , Je faisois vainement la sourde et la farouche, Et mes yeux te disoient ce que nioit ma bouche ; Je t'aime, mais apprends quelle condition Mon intérêt prescrit à ton affection ; Tu vois en quel danger ma passion est mise, 11 faut à tes plaisirs donner quelque remise : v^ar*«*«
PHILÉMOND.
Ah! c'est trop, madame, étant ce que je suis, Entretenir vos feux et nourrir vos ennuis. Le pouvoir me manquant en si belle aventure. D'une commune plainte accusons la nature; Quelque effort dont vos yeux me puissent assaillir, Elle m'a dénié les moyens de faillir.
Je puis vous estimer, mais non vous satisfaire, . Et votre propre sexe en moi vous est contraire. Jugez, madame...
(Il se découvre le sein.)
DORANTE
O dieux!
PHILÉMOND.
Ce que je puis pour vous, Et si me connoissant Théandre en est jaloux.
DORANTE
Quoi, Philémond est fille?
PHILÉMOND.
Oui , la plus malheureuse Qui soupira jamais d'une ardeur amoureuse.