SCÈNE IIL
DORANTE, dans le cabinet; THÉANDRE, PHILÉMOND, DIANE, PHILACTE.
THÉANDRE, CL Dionc ; il lui parle long- temps à
roreillcy puis elle sort.
Tirez la porte, adieu.
DORANTE, dans le cabinet.
Le voici, je l'entends.
TH1£ANDRE
Confus, triste, pressé d'une douleur mortelle, Mais toi-même, Théandre, en porter la nouvelle! Conter cet accident, le peux- tu sans mourir? Pliilacte, en ce besoin tu me peux secourir.
PUILÉMOND.
Quel trouble me saisit? ô nouvelle importune, Cléagénor n'est plus!
^48 CLÉAGÉ50R ET DORISTÉE,
THÉA^rDRE.
O sinistre infortune!
PUTLÉMO^D.
G)ininent! il ne vit plus? ^
THEAXDRE, à PhÛOCte,
Parle, et par ce discours Abrège, s'il se peut, la trame de mes jours.
PHILACTE.
Plût au ciel, lussiez-vous dans ma triste pensée. Et que de ce récit ma voix fût dispensée ! Chercliant Cléagénor par des soins diligens. Suivant l'ordre, monsieur, qu'en eurent tous vos genSy Pour m'enquérir partout j'entrai dans un village Où le peuple assemblé me bouchoit le passage: J'essayois d'avancer, quand, par un bruit confus. J'entendis, il est morty il ne respire plus. Là, je pousse, j'empresse, et la foule se serre; Mais qu'aperçus-je , hélas! un corps sanglant a terre, Dont un coup furieux outreperçoit le flanc, Et qui s'étoit souillé dans les flots de son sang. C'étoit Cléagénor.
PHILÉMOND.
A ce mot, Doristée, Diffères-tu la mort si long-temps souhaitée? II est mort , et ton cœur soi-même se survit! O fatal hy menée!
PHILACTE.
Oyez ce qui suivit. Ménandre furieux et plaignant sa disgrâce. Conduit de cent archers, arrive en cette place,