SCÈNE IIL
ORANTE, CÉLIRÉE.
ORAIfTÉ.
Ai-je assez appelé? quels importans secrets Vous éloignent de moi , sans voir mes habits prêts? Et qui doit être ici , tandis qu'en vos afiaîres Vous employez ailleurs ces heures nécessaires?
CELIREE lui donne des lettres qu'elle a tirées
de sa poche.
Certaine paysanne, ayant frappé deux fois, M'a donné ces papiers que je vous apportois ; Et, sans vouloir entrer, elle s'est retirée, Quand je suis accourue au nom de Célirée.
CRANTE oui^re et lit.
Lettre de Diane h Orante.
(( Le déplaisir de perdre un infidèle amant
» Ne vous procure pas cet avertissement ;
» La perte d'un traître est heureuse.
» Le seul dessein que j'ai de me venger » Vous doit porter à vous en dégager.
» Je suis intéfessée, et non pas amoureuse;
» Je vois d'un œil égal son infidélité.
» Je sais bien que résoudre en la nécessité; » Et, quoique simple paysanne, » Quand il m'aimoit il étoit Lysimant:
» Il n'a changé que d'amour seulement,
» Il est toujours lui-même, et moi toujours Diane.
» Consultez ces écrits que j'avois de sa part,