SCENE PREMIERE
DAMON, villageois.
Vous qui m'avez ravi l'espoir de mes vieux ans, Juand terminerez-vous des ennuis si cuisans? îiane m'est otée, et, sans m'ôter la vie, ^pitoyables dieux, vous me l'avez ravie; 'il falloit m'afïliger, si mes prospérités '^laisoient seulement à vos divinités, oiis mes biens sans défense attendoient vos tonnerres ; oiis pouviez inonder et ravager mes terres, ous plaire à voir mes fruits et mes raisins rôtis, ffliger mes troupeaux et sécher leurs pâtis, ais de m'avoir ravi mes plus chères délices, ît astre qui me rend tous les astres propices , iane, la merveille et l'honneur de vos faits, îtte punition excède mes forfaits !
suis moins odieux que vous n'avez de haine, : les plus noirs péchés sont moindres que ma peine, astre de la clarté fait son sixième tour epuis que je la cherche aux hameaux d'alentour; t j'arrive à Paris avec peu d'apparence ^ y retrouver ma vie et ma seule espérance.
î82 LA DIANE,
J'emploîraî toutefois mes soins et mes efforts,
àSans donner de relâche à ce débile corps; i
Et j'y perdrai la vie, ayant perdu ma peine,
Si j'y fais comme ailleurs une recherche vaine.
Jadis en ce quartier j'ai connu Lysimant,
Qui tenoit à faveur le nom de son amant,
Et qui faisoit dessein de n'aimer jamais qu'elle.
On en pourra savoir chez lui quelque nouvelle.
Mais dans l'égalité de ces superbes toits.
Je méconnois le sien, où je fus tant de fois
Qui pourra me l'apprendre?