‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 197 sur 406 · ACTE II, SCENE IL a · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IL a

SYLVIAN.

Ke sais-tu pas, Damon, qu'Amour peut tout changer?

Si du cocher du jour il a fait un herger.

Pourquoi ne peux-tu voir que sa force me change

De pasteur en cocher, sans le trouver étrange?

Hélas! que je rirois d'un pareil changement.

S'il D etoit arrivé qu'en mon habillement !

Mais ce puissant démon, qui régit toutes choses,

A bien fait en mon cœur d'autres métamorphoses.

le ne suis plus , Damon , ce pasteur que j'étois

Alors qu'on m'entendoit médire de ses lois;

Que j'ignorois d'Amour l'agréable furie ,

Et que je n'en avois que pour ma bergerie ;

Que je passois les jours, sur les rives des eaux, '

A tresser des cordons de joncs et de roseaux ,

Ou faire sans dessein, au son de ma musette,

Danser Amaryllis , Célimène ou Lisette.

Ma vie est bien changée, et je n'espère pas

Renouveler jamais ces frivoles ébatt;

C'est bien un autre dieu que ce Pan qu'on réclame

Parmi les paysans , qui fait agir mon âme ;

ïu charme si puissant a mon cœur enchanté....

Mais tu te ris déjà de ma simplicité ,

Et l'humeur d'un vieillard, à nos humeurs contraire ,

Lui fait toujours blâmer ce qu'il ne peut plus faire.

Mais ris si bon te semble. Adieu, j'ai trop tardé.

DAMON

Dis-moi donc le logis que je t'ai demandé.

SYLVIAN.

De qui?

a84 LA DIANE,

DAXOS.

De -Lysimant

SVLVIAlf.

Lvsimant est mon nuâie; Ces couleurs que tu vois le font assez comioitre.

DAM02f.

Et quelle est la beauté dont les yeux triomphaitt Ont asservi ton cœur?

SYLVIâir.

L'honneur- de tes enfiuis, Cette aimable bergère à qui tout rend hommage, Diane, l'ornement de tout notre village. Mais tu ne réponds pas des heures que je perds: Adieu; te suffît-il? c'est elle que je sers.

(Il frappe.)

DAMON

Donc pour me la ravir, craignant sa résistance. Ton bras à Lysimant prêta son assistance; Et quand l'occasion lui montra les cheveux, àSecouru de ton aide , il accomplit ses vœux ?

SYLVIAN.

Qu'il ait pu m'obliger à trahir cette belle!

Tu m'offenses , Damon. Adieu , car on m'appelle.

(H sort.) DAMON seul.

Dieux! si jamais le foudre est parti de vos mams, S'il est fait pour punir les crimes des humains, Ouvrez l'oreille^ aux cris d'un vieillard misérable, Jetez sur sa misère un regard favorable , Et ne pardonnez pas à la brutalité Qui le fait recourir à votre autorité-.

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