‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 202 sur 406 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LYSIMANT seul.

lilnsensé, m'obligeant au point que je désire, Croit m'avoir affligé d'un rigoureux martyre, «t que je suis atteint d'un cruel déplaisir «rdant ce que j'acquis sans peine et sans désir. Bon, non, qu'on laisse agir le courroux qui m'enflamme, *l|ic me faut cacher ni le fer, ni la flamme; 'e suis capable encor de consolation ; Hon courage est plus fort que cette affliction , ^^ si je dois mourir , c'est d'un excès de joie Tome L 19

aga LA DIANE,

En cette liberté que le ciel me renvoie ,

Et que je puis ranger sous de plus doux attraits

Que ceux de qui jamais je n'ai senti les traits.

Tu joins en te vengeant, unique objet que j'aime,

A tes autres faveurs une faveur extrême.

Et ton juste courroux ne m'est qu'officieux,

Diane, Fabrëgé des merveilles des cieux!

Mais que peut t'acquérir l'effet de ta vengeance?

Que peut-elle à nos maux procurer d'allégeance,

Puisqu'au dessein que j'ai de me rendre à tes vœux

Un avare vieillard défend ce que je veux ?

Un astre malheureux éclaira ma naissance ,

Et rangea mes désirs sous son obéissance.

Après de si cruels et de si vains travaux^

Je ne puis aspirer qu'à des partis égaux;

Au moins ^ pouvant donner une âme indifférente^

Je trouve le moyen de me venger d'Orante,

Quoique son changement me soit doux en effet.

Et que c'est me venger d'un bien qu'elle me fait.

Elle m'a confessé qu'une secrète haine

Lui fait souffrir l'humeur de Rosinde avec peine,

Et ne réserve rien de son autorité «

Pour faire à ses amis haïr cette beauté : ^

J'enfreindrai maintenant une aveugle défense ,

Et j'aurai ce plaisir qu'Orante s'en offense.

Je vais à cette belle engager ma raison :

Ses parens autrefois m'ont ouvert sa prison.

Et m'ont fait proposer cet heureux mariage;

J'espère que leur fille agréera mon servage.

Voyons-la de ce pas.

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