‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 236 sur 406 · ACTE V, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIII

£n ce rare bonheur qui ravit tous mes sens! Heureux et cher parent du seul objet que j'aime , Apprenez qui je suis par ce transport extrême : Reconnoissez Lysandre.

ORTMAND.

O dieux! quel insensé!

LTSANDRE.

Juoi! le temps vous a-t-il mon portrait effacé?

^e vous souvient-il plus de cet heureux Lysandre

jue vous avez jadis choisi pour votre gendre ?

[)epuîs que j'ai quitté ces lieux où j'habitois,

Phébus n'a divisé les saisons que dix fois;

h vous voyois partout, j'ai toujours en mon âme

Conservé les portraits de vous et de madame;

Et vous méconnoissez ce parent fortuné,

Qu'à l'appui de vos jours les dieux ont destiné !

DiAiiE, à part.

0 sensible malheur!

BOROTHÉE^ à part,

O disgrâce in6nie!

ORIMAIYD.

le ciel, qui que tu sois, guérisse ta manie!

(A Diane.)

Mon fils, de quelle erreur cet homme est-il troublé? Ton corps avec ton âge auroit-il bien doublé ? En la peine où je suis, qui de vous dois-je prendre? le n'ai qu'une Rosinde , et ne veux qu'un Jjysandre.

DîAw^E, à Lysandre.

Toi, qui crois sous mon nom t'emparer de mon bien, Et posséder l'objet que le ciel a fait mien , Quel accident nouveau t'a mis en notre race ?

Dessus quelle raison se fonde ton audace ? Donne à d'autres esprits ces divertissemens , £t laisse un libre cours à nos contentemens.

LYSANDRE

O ciel ! qui connois tout, si tu hais Timposture, Par un visible effet punis cette aventure ; Et si, comme on le croit, ton bras est tout-puissant, Fais périr l'imposteur et montre l'innocent; Désabuse ces gens, et leur fais reconnoître Qu'à tort cet affronteur me dispute mon être.

( Fouillant en sa poche , et en tirant des lettres qu'il remet à Orimand.]

Mais en dois- je chercher des signes àpparens Après ces mots écrits des mains de mes parens? Passant en Portugal , j'ai pris cette asurance Qui confirme mon nom et ma persévérance; Je suis cet heureux gendre et cet heureux époux. Que, dès ses jeunes ans, Rosinde tient de vous.

ORIMAND, après ai^olr lu.

O dieux! que vois-je ici?

LYSIMANT.

Que l'affronteur réponde!

Je le rendrai coupable aux yeux de tout le monde. Voyez-vous pas déjà comme ses tremblemens Prouvent son imposture et ses déguisemens ?

ORIMAND à Diane.

Yous ne répondez rien?

j>\K.^^^ pleurant.

Puisque votre puissance A résolu ma mort , je reste sans défense , Impitoyables dieux dont la compassion Nie un peu de faveur \ tant d'affection.

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