ACTE II, SCÈNE III
CLORIMAND. /
Monsieur, ne puis-je avoir de part en ce langage? Quel accident si prompt a changé ce visage? Simon occasion vous cause ces.ennuis, Vous ne vous voulez pas souvenir qui je suis.
(Isabelle parott à la fenêtre. )
ISABELLE
Ici, Lysis.
LTSIS.
Hé! qui nous peut déjà connoitre?
ISABELLE
Approche, va donner cette lettre à ton maître.
LTSIS.
Ahl nous voilà bientôt grands seigneurs à la cour, Et nous avons déjà fait naître de Tamour.
CLÉONTE
" le faut, Clorimand, te confesser que j'aime : Ainsi que son objet, mon amour est extrême; Et la peur dont tu vois mon esprit agité Est un effet causé par cette extrémité. Quelque insigne amitié que nous ayons jurée, 'e ne sais quels soupçons ont mon ame altérée : L'excès de ton mérite est suspect à ma foi; ^e crains qu'ayant semé, les fruits ne soient à toi; -* reine paroît trop de tes charmes touchée , î't ma jalouse humeur ne peut être cachée. •Ion cœur aime en ce lieu , j'adore sa beautéj ^Utre ne peut l'aimer avec impunité :
^âme que je verrois d'un même espoir flattée La tienne seulement de ce nombi^e exceptée )
37a LES OCCASIONS PERDUES,
Me désobligeroit, et je perdrois le jour Pour la faire changer d'objet et de séjour.
GLORIMAND.
Quand je pourrois , monsieur, brûler de cette flamme, Ma naissance inégale assure assez votre âme; La reine cesseroit d'être aimable en m'aim^int; Ce choix ofTenseroit son divin jugement. Laissez vivre, monsieur, toutes vos espérances: Croyez qu'elle sait mieux faire les différences; Moi, que je sais mieux vivre, et qu'au moindre besoin Ma mort l'exempteroit d'amour, et vous de soin.
(Lysis lui apporte la leUre. )
Mais quel est ce papier?