ACJE IV, SCÈNE IV
KïD demeure seul étonné^ et^ regardant ce mtisie lui a laissé^ U lit la première letU^,
Contenu de la première lettre.
a Âdraste ne diffère plus,
» Oa n'attend rien que tes demandes:
D Tous ces écrits sont superflus,
» Il te fout des faveurs plus grandes.
» On autorise nos amours,
» Le ciel a reçu tes offrandes ,
» Hymen dût avoir joint nos jours.
» Isabelle. »
jiutre lettre.
a Adraste , il est vrai que je t'aime » Autant qu'une fille le doit; » Si mon sexe le permettoit, D Je te dirois plus que moi-même.
» Juge , recevant ces cheveux , » Combien mon amour est extrême, » Et combien tu me dois de vœux.
» Isabelle. »
Autre lettre.
« Tes vœux ont enfin la victoire , i) Ils t'ont ce portrait procuré.
» En vain d'autres l'ont désiré , » Vante-toi seul de cette gloire ; » Baise-le , mais dans ces transports » Conserve toujours la mémoire )» Qu'il te faut posséder le corps.
» Isabelle. »
396 LES OCCASIONS PERDUES, Ah) perfide! est-il vrai que j'idolâtre une on4e? Est-ce dessus du vent que mon espoir se fonde? Adraste, encore un mot, je ne veux qu'un momeaU. Mais il n'est plus ici^ j'appelle vainement. Adorable tableau! serois-tu la peinture Du plus muable objet qui soit en la nature? En dois-je redouter un si cruel affront? Ne le puis-je juger par les traits de ce front? Hélas! il est trop vrai, ma perte est trop certaine, Elle promet en vain du secours à ma peine; Elle tient tous objets dans un ordre commun,
Et promettant à tous n'en oblige pas un. Donc, ce fut ce jaloux: qui reconnut ma flamme, A qui j'ouvris hier les secrets de mon âme? Adraste, tu vis donc que j'aimois ses appas, Aux lieux où tes soupçons avoient conduit tes pas? Mais elle vient.
( Isabelle yient.)