‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 276 sur 406 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

It cette qualité vous est si naturelle;

i vos légèretés vous font rougir ainsi ,

^ous devez donc rougir d'être une femme aussi.

ISABELLE

^oi, ton esprit, mon cœur, cède à la jalousie? ^entends parler ainsi la même courtoisie ; 7u nous traites ainsi , tu Toses , tu le peux , !Lt la moindre du sexe a reçu de tes vœux ? Hiis-je voir Clorimand une fois en colère , M qui m'a si souvent protesté de me plaire? le quelle étrange humeur te trouvé-je en ce jour? ^oi, veux-tu désonnais traiter ain^ l'amour?

ux>RiMAirD, tenant une lettre^ et montrant du doigt ^ lit.

<c Adraste ne diffère plus , » On n'attend rien que tes demandes. » ioDt-ce là de mon mal des preuves assez grandes?

(Continuant a lire. )

« Le ciel a reçu tes offrandes , « Tous ces écrits sont superflus. »

Cela suffit-il pas? que désirez- vous plus?

Et quelle plus fidèle et plus forte assurance

Me pouvoit délivrer de ma vaine espérance?

Mais achevons.

( Continaant à lire. )

«, Hymen dût avoir joint nos jours. * le suis après cela l'objet de vos amours ? ïevous croirois, madame, à mon sujet atteinte? ï^vez, levez le masque, et confessez la feinte; Vous ouvrîtes l'oreille à de mauvais conseils Quand vous eûtes l'avis de gausser mes pareils ; fit quelque vanité qu'on impute à mon âme ,

4oo LES OCCASIONS PERDUES,

Être près d'obtenir un souverain empire Dessus Tunique objet que mon âme désire! Pour me faire ^ madame, espérer du repos. Qu'un amoureux baiser con(ir];ne vos propos, Cette faveur suffît à me tirer ae crainte : Je croirai que j'adore une beauté sans feinte.

(La reine amve et les voit.)

ISABELLE

(Elle le baise. )

Tu dusses rejeter ces doutes superflus , Mais je veux t'obéir, que désires-tu plus?

GLORIMAND.

Le doux ravissement! Ah! que ces lèvres closes M'ont bien mieux qu'en s'ouvrantjuréde belles choses! Si jamais tu revois mon esprit en souci, Mon tout, pour m'en tirer, ne me parle qu'ainsi.

(Usorl.)

LA REINE, à Isabelle.

(Elle la regarde long-temps en silence.)

Trouvez-vous des douceurs aux bouches étrangères? Mais le contentez- vous de faveurs si légères? Quelle heure est assignée à ses jeunes désirs, Et quand les rendrez-vous moindres que ses plaisirs?

* ISABELLE, toute confuse.

A quelque privante que votre, amour m'engage. Vous me dispenserez de donner davantage. Vous pouvez tout vouloir, et je dois obéir; Mais vous ne l'aimez pas jusques à me haïr. Je lui souffre beaucoup , mais pour moi ces licences Sont bien moins des baisers que des obéissances; Je ne donne qu'à vous ce qu'il croit recevoir, Et je crois faire moins l'amour que mon devoir.

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