ACTE IV, SCENE VL 4o
LE ROI
ton prince avoit commis cette ambassade même L certain cavalier d'une vaillance extrême, ^ue, s'il faut croire aux bruits qu'on entend à la cour^ les propres compagixons vouloient priver du jour; k>n nom est Clorimand; ses mérites sont rares, Il le ciel ni le sort ne lui sont point avares.
■eur honte fut la fin d'un semblable projet: fais ne m'en sauriez-vous apprendre le sujet?
LE ROL
l'infante l'adoroit, en étant adorée;
le point des envieux avoit l'âme altérée,
.t je crois que leurs dons portoient à son trépas
eux qui sur les chemins accompagnoient ses pas.
.dieu , j'ordonnerai de consulter l'affaire ; espère là-*dessus bientôt vous satisfaire.
«(Le roi et Cléonis sortent: elle continue, partant à ClëontCè)
3 sais comment je dois estimer vos pareils ^ ombien j'en ai reçu de fidèles conseils, lombien votre prudence éclatoit chez mon père, Combien il m'ordonna de l'avoir toujours chère: ^our ne rien entreprendre à ma confusion, Iléonte, je l'implore en cette occasion. Totis avez entendu quel parti se propose ; liais le ciel autrement de mon âme dispose: 1 ne m'a départi que trop de ses présens , 3eux sceptres me seroient des fardeaux trop pesans ; € trouve de soucis ma fortune assez pleine, Mes honneurs redoublant redoubleroient ma peine;
4o4 LES OCCASIONS PERDUES,
Je mets l'ambition plus bas que mes plaisirs^ Et veux être indulgente à mes jeunes désirs.
cijÉONTEy à part.
Le ciel est favorable à ma fidèle flamme. Enfin ma passion triomphe de son âme.
C'est enfin dessus moi qu'elle a jeté les yeux. Comme dessus l'objet le premier de ces lieux.
(Haut.)
Entre les qualités dont vous êtes douée. Votre sagesse est rare et doit être louée. Madame : vous savez que le parfait bonheur N'est pas de s'élever au-dessus de l'honneur, De tenir la fortune au rang de vos sujettes; Vous pouvez tout sur elle en la gloire oîi vous êtes; On vous honore autant en cette nation, Que si le monde étoit votre possession. Il faut d'autres douceurs à vos jeunes années, Ce n'est pas pour les soins que les dames sont nées, Et , quand dans les soucis leurs cœurs seroient contens, Toujours les voluptés doivent avoir leur temps. Epouser son pareil, cette chose est commune; Mais qu'un époux choisi vous doive sa fortune , Un qui n'osoit prétendre à ce titre d'époux. Et qui donnant des lois les reçoive de vous ; Un qui vous idolâtre, et qui soit toujours même, C'est là nous témoigner une sagesse extrême. Mais ne puis-je savoir le glorieux vainqueur Qui s'est fait une place en un si noble cœur? ,
LA REIITE.
Au point de vous le dire, 6 dieux! la vaine honte! Je sens que tout mou sang au visage me monte.