ACTE III, SCÈNE IIL
Aussi, voyant qu'Alcandre usoit de cette feinte.
Je conçus aisément qu'il avoit l'âme atteinte ;
Tai lu dedans ses yeux, j'ai ses pas épiés;
Enfin j'ai vu les nœuds dont ses bras sont liés :
Ce prince rend hommage aux yeux de Rosélie,
C*est l'unique sujet de sa mélancolie;
Mille fois qu'ils ont cru se parler sans témoins ,
Ha curiosité m'a fait trahir leurs soins;
récoutois, en faveur d'une tapisserie,
Tout ce que leur dictoit leur douce rêverie : Je crois qu'ils brûleront d'un brasier étemel ; Ils en ont fait cent fois un serment solennel; £t vous auriez plutôt une roche ébranlée^ Que leur fidélité pût être violée.
LE ROI
Ijysanor, c'est beaucoup de connoître le mal: J'y puis remédier, éloignant ce rival; Ou, si ma guérison ne vient de ce remède,. Il feudra qu'à la fin la violence m'aide; Ma raison' m'abandonne, et jamais un amant ITa souffert sans mourir un semblable tourment»
( Un messager du roi yient. )