ROS£LIE
Ne te devons-nous point un éloge fmmortel ? ITas-tu point mérité qu'on te dresse un autel? £t qui veut désormais invoquer la constance , Doit-il point recourir à ta seule assistance?
▲LCAICDRE.
Je ne prolonge point ce subtil entretien , Ma Toix cède à la votre, et votre cœur au mieti; Je "voudrois vainement combattre de la sorte. En fait de discourir votre sexe l'emporte; Et malgré ma mémoire, et l'écrit que j'ai vu, "Vous ne pourriez prouver que le blâme m'est dû. fiien ! je suis odieux , et vous êtes aimable ; Vous êtes l'innocente , et je suis le coupable; Vous méritez le prix, on me doit le trépas; Vous aimez constamment, et je ne le fais pas.
ROSELIE.
Inconstant, quel sujet en ces lieux te ramène? Es-tu déjà lassé des faveurs de la reine?
ALCAIIDRE.
La reine n'a pour moi que de foibles appas, Ne me reprochez point un bien que je n'ai pas ; Je n'ai point désiré de faveurs que les vôtres, Et ne souhaite point en avoir jamais d'autres.
ROS#.UE, lui donnofttsa lettre.
Ne m'as-tu pas mandé tes nouvelles afnours? Accorde tes écrits avecque tes discours.
ALCAWDRE, après avoir bi.
Madame, je n'ai point ces paroles tracées, J^ai toujours eu pour vous de contraires pensées; Et je ferai paroître à vos yeux inhumains Que jamais cet écrit n'est sorti de mes mains; Le roi qui vous possède a supposé la lettre Pour obtenir le bien que vous n'osiez promettre; Je ne portai jamais la qualité d^époux , Et n'eus jamais dessein de l'être que de vous.
ROSELIE.
Quoi, cet écrit est faux? cher amant! cher Alcandre! O dieux! l'heureux discours que tu me fais entendre! Reprends dessus mes vœux un pouvoir souverain. Et ne me fais plus voir qu'un visage serein.
ALCANDRE
Le puis-je avftir que triste, au mal qui me tourmente, Vous voyant comme sœur, et non plus comme amante? En l'état où je suis le ris m'est ennuyeux. C'est à moi de pleurer, au roi d'être joyeux.
ROSÉLIE.
Ah! chasse de ton âme un soupçon qui m'offense. Tu me vois telle après que devant ton absence ;