SCÈNE IL
LE VIEILLARD, MÉNECHME Sosicle,
ORAZIE.
LE VIEILLARD
Il faut donc que toujours les importunes flammes De la dissension désunissent vos âmes?
Ne verrart-on jamais vo» esprits satisfaits? Ne goûterez-vous point les douceurs de la paix? Ne respectez-vous point le nœud qui vous assemble, Et serez-vous toujours deux ennemis ensemble? Jadis vous témoigniez tant de conformités, Lorsqu'un vœu mutuel joignit vos libertés ; Quel sujet maintenant cause cette discorde? Dessus quel accident faut-il qu'on vous accorde?
ORAZIE.
Hélas! retirez-moi de Finjuste pouvoir D'un mari que j'abhorre, et que je ne puis voir; Le plus indigne époux du séjour où nous sommes, L'opprobre de ces lieux, et la peste des hommes. Je ne puis plus souffrir ses mépris apparens.
LE VIEILLARD
Vous est-il arrivé de nouveaux différens? Dois-je de vos discords être le seul arbitre? Un autre ne peut-il se charger de ce titre? Et ne dussiez-vous pas épargner mes vieux jours Dont vos dissensions précipitent le cours ?
ORAZIE.
Hélas! qui doit que vous, quand ce traître m'offense, Assister votre fille et prendre sa défense?