‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 46 sur 406 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Qui nous font violer les respects les plus saints. Vois quelle intention mon amour se propose : Si dans peu je n'apprends où Perside repose. Ces deux bras, animés d'un généreux effort. Iront meurtrir Cerbère et désarmer la Mort , Étouffer pour jamais la puissance des Parques : On n'aura plus ici de nochers , ni de barques ; Et les mortels , encor revêtus de leurs corps , Pourront en assurance habiter sur ces bords : Le ciel ne craindra plus d'y prêter sa lumière , Telle qu'elle est au monde en la saison première ; Même, si mes desseins ont un heureux succès , Les oiseaux dans ces lieux auront un libre accès , Et les ruisseaux affreux qui coulent dans ces plaines Changeront leur nature en celle des fontaines; L'astre qui n'a point vu ces rivages encor , Du soufre et du limon fera du sable d'or , Et produira partout la, ûeur la plus charmante Que vit jamais Zéphire au sein de son amante , Où les ombres liront quel sort m'aura fait roi, Et baiseront les noms de Perside et de moi. Alors je souffrirai que sur les violettes Chacun se licencie à des faveurs secrètes ; Du nombre des vertus j'ôterai le respect , On n'aura ni témoin , ni juge pour suspect ; Cette fleur, dont le prix rend la fille superbe, Pourra sans châtiment se cueillir dessus l'herbe ; Et Perside vaincue , après ces loilgs efforts , Obéira sans honte à mes plus doux transports.

CLÉONICE

Quelle erreur tient encor mon âme ensevehe ? Peut-on , sans être fou , douter de sa folie ?

Son mal est trop visible. Adieu , je suis^ ici

Dans une heure au plus, tard, et ta Perside, aussi.

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