‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 60 sur 406 · ACTE V, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI

Qui vous fait, dieux cruels, en ces métamorphoses , Pour troubler mon repos, troubler Tordre des choses ? Mon astre n'eut jamais que des traits rigoureux, Et je suis seulement pour être malheureux.

DEUXI^.ME MORT.

Quel sujet tient encor cette main suspendue? Dois-je laisser la vie à qui me Ta rendue ? Quel sort nous a tirés d'une si douce nuit? Et qui de vous, croyant nous obliger, nous nuit ?

GLiONlCE.

Ce bel amant blessé d'une étrange manie ,

Qui croyoit de son corps son âme désunie ,

A porté nos esprits à ces pieux efforts :

Pour guérir un vivant, on a guéri deux morts.

D'un concert tout divin la secrète puissance

A remis vos deux corps en leur première essence ;

Et, s'il ne vivoit plus, un accord si parfait

Auroit dessus le sien produit un même effet.

CLORIDAI^.

A quoi se résoudra mon estime incertaine ?

Perside, ton arrêt me peut tirer de peine ;

.De toi seule dépend ma vie ou mon trépas :

Si tu m'aimes, je, vis; sinon, je ne vis pas.

PERSIDE

Si je t'aime , mon coeur ! ah ! de quelle espérance

Veux-tu que j'en confirme une heureuse assurance?

Que la terre et le ciel s'opposent à mon bien

Si je nourris jamais autre feu que le tien.

Ces violens transports te découvrent mon âme ,

Et font connaître assez et ta vie et ma flamme.

CLORIDAlf.

Mais je vis encor. Siv

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