‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 71 sur 406 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LÉANDRE, ALCANDRE, magicien.

ALCANDRE

Par cette invention si rare et si facile , Tous pourrez à ses yeux régner dans la Sicile. Lui-même rangera les siens sous votre loi , Et vous honorera du nom de vice-roi.

L£ANDRE

Je ne puis concevoir qu'avec impatience

L'effet de mon désir et de votre science.

Que je vous dois de vœux pour un secret si beau !

Mais la peine, mon père, est de changer l'anneau.

ALCANDRE

Tai cette invention pareillement prévue.

Le matin, tenez prompte et la main et la vue ,

Pour recevoir le sien , que j'ai pris mille fois

Alors que pour laver il l'ote de ses doigts ;

Lors, vous pourrez lui rendre ou mettre Imv la table

Celui que votre orfèvre aura fait tout semblable,

' Et qui dessous la pierre aura l'enchantement

uo LA BAGUE DE L'OUBLI,

Qui doit à ce monarque ôter le jugement : Ne lui vliyant alors ni raison , ni mémoire , Vous saurez si mon art mérite de la gloire.

LÉANDRE

Si j'en vois provenir de si rares effets , Et s'il est favorable au dessein que je fais , ' Si ce coup réussit , vous en devez attendre Un avantage égal à celui de Léandre.

ALCAWDRE.

Pour tout prix de ma peine , aimez-moi seulement ; Mais faites commander cet anneau promptement.

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