SCÈNE VIL
Les mêmes; LE CAPITAINE DES GARDES,
aux pieds du roi,
LE CAPITAINE
Sire, j'ai de tout point l'ajfFaire exécutée. Avec ces deux seigneurs la fille est arrêtée. Us s'y sont disposés après quelques refus. Que vous plaît-il ici me commander de plus ?
ïaa LA BAGUE DE L OUBLI,
LE ROI
A ces propos obscurs mes lèvres sont muettes : Parlez plus clairement , ou dites qui vous êtes.
LÉANDRE
Quel homme maintenant est plus heureux que moi ?
LE CAPITAINE
Sire, je suis Dorame.
Ah ! je vous reconnoi :
Les soucis attachés à l'état de ma vie , M'ont presque entièrement la mémoire ravie. Que voulez-vous de moi?
LE CAPITAINE
Vous dire seulement Que j'ai mis en effet votre commandement; Qu'Alexandre , sa fille , et le comte son gendre , Sont ici prisonniers.
LE KOI.
Dieux! que viens-je d'entendre?
Prisonniers! et pourquoi, s'ils étoient innocens? Alexandre et les siens me sont obéissans.
LE CAPITAIJPfE.
Sire, à cette action nul objet ne me presse; J'ai reçu là-dessus votre parole expresse*
LE ROI
De quoi l'accuse-t-on?
LE CAPITAINE
D'avoir , je crois , jeté Les yeux et le désir sur votre autorité.
LE ROI
Dieux! que l'ambition est forte, et que ce vice Par des subtils appas dans les âmes se glisse !