ACTE III, SCÈNE II
D'un mystère si saint il faut bannir la ruse :
D'un roi comme d'un autre on peut être trompé;
Il a déjà beaucoup dessus vous usurpé ,
Et je crains bien pour vous qu'enfin il ne dérobe
Ce qui ne feroit pas étrécir votre robe ;
Que ce jeune monarque , à ces larcins instruit ,
Ne vous ôte une fleur pour vous donner un fruit.
Lors ses intentions ne seroient plus douteuses.
Vous seriez reine alors , mais des filles honteuses.
LILIAXE.
Sotte , faites ailleurs de semblables devis ,
Et conservez pour vous ce salutaire avis :
Ne donnez point la main à qui sait se conduire ,
Mêlez-vous de servir , et non pas de m'instruire.
MÉLITE
Puisque je reconnois que je travaille en vain , le vous verrois tomber sans vous donner la main ; C'est assez de savoir que votre humeur est telle. Et que c'est vous fâcher que vous être fidèle.
LILIAlf£.
Voici le roi qui vient: lis dans son action Combien pour mon sujet il a de passion.