SCÈNE PREMIÈRE
CÉPHALIE, LA NOURRICE.
LA NOURRICE
U dieux! que difes-vous?
GÉPHALIE.
Que' ce prince d'Épire D'an insensible effort me met sous' son empire : U Parque sans effet a ses jours assaillis; I Elle voit ses efTorts et ses desseins faillis; La mer l'a respecté ; cet élément barbare Ne fut pas sans pitié pour un objet si rare ; D a malgré le ciel , les vents , Tonde et le sort , Pbur me faire mourir triomphé de la mort.
LA NOURRICE
Madame, au nom d'Amour, consultez davantage Sur ce triste dessein où votre esprit s'engage, le ne puis condamner vos inclinations, Et je pourrois flatter vos jeunes passions : Mais votre déplaisir me seroit trop sensible , Et je vous promettrois un secours impossible.
i86 L'HEUREUX NAUFRAGE,
Détournez cent malheurs; étouffez ce serpent Que déjà vous sentez en votre sein rampant ; Que ce dessein fatal en sa naissance avorte , Et rompez votre chaîne avant qu'elle soit forte. La reine a pour ce prince*
GEPHALIE.
Ah ! que m'apprenez-vom
LA irOURRIGE.
Un cœur trop amoureux et des yeux trop jaloux; Cette visible ardeur à chaque heure s'augmente , Et jamais passion ne fut si véhémente.