ACTE II, SCÈNE III
Que vous seule pouvez embrasser ma défense, Faites qu'Arcas et moi trouvions contre ses coups Un asile assuré pour vous-même et pour nous ; Rougissez de mon sang plutôt que de mon crime , Ou que je sois Tobjet d'un courroux légitime ; Puisque mes pleurs sont vains, et mes cris superflus. Qu'il me voie en état de ne lui plaire plus; Faites sa honte encore, et son horreur plus grande, Vous-même portez-lui ce cœur qu'il me demande; Forcez-le de rougir de sa déloyauté , Et je serai tenue à votre cruauté.
DÉJANIRE
Tu crois par ces discours , impudente , effronté^ ,
Prouver que vainement il t'ait sollicitée;
II te donne des vœux, il daigne de te voir,
Et tu veux sur sa honte établir ton pouvoir;
Tu ne partages pas cette ardeur' qui le brâle?
Il te faut Jupin même , et c'est trop peu d'Hercule !
lOLE*
0 ciel! peux-tu souffrir les ennuis que je sens, Si tes yeux sont ouverts dessus les innocens !
DijANIRE.
0 l'innocente humeur! âme double et traîtresse, Tu portes sans orgueil le nom de sa maîtresse. Et tu n'achètes pas d'un amour infini L'honneur de voir ton sort à son destin uni? Pour une indifférente Alcide se captive; II souflre des refus , et sa flamme est oisive 1 Ne joins plus, insolente, à l'impudicité Ces mépris orgueilleux et cette vanité ; Immole à ce brut|J le plus beau de ton âge, * Tome II. ^
34 HERCULE MOURAiNT,
Triomphe à mes dépens de cfet esprit volage ; Vois ce lâche vainqueur à ton pouvoir soumis , Mais ne me fais point voir au moins mes ennemis; Rends par eux seulement ta victoire certaine, Tous tes regards ensemble y suffiront à peine. Ton visage qu'il prise est horrible à mes yeux, J'appelle mes démons ce quil nomme ses dieux: Nous trouvons ton abord différemment funeste; Lui comme un doux poison, et moi comme une peste; En ce qui m'épouvante il trouve des appas.
(Elle ya pour sortir.)
iOL£, pleurant et la retenant.
Madame....
DÉJAifiRE, s^'en aUant.
Arrête, iiifâme! et né suis poiht ities pas.
lOLE , seule avec Arsides.
O ciel! ô terre! ô dieux! quelle est mon infortune, Que je serve d'objet à leur plainte commune ! Je déplais pour trop plaire, et, contre mon souhait, Je vois que l'un m'adore elT qtié l'autre me hait ; Leur haine et leur aihoUr égalëmètit ih'ôutrage ; L'une plaint son affront, l'âutVè plaltit sott servage; Tous deux sur mon honneur fobt un injuste effort: L'un le veut étouffer, et l'autre le ci^oit mort. De ma perte dépend leur cottiltiuhé allégeance: L'un prépare le crime et l'autï^e là vengeance, lole, triste objet et de haiile et d'améur> Entre ces ennemis tu conservés lé joilrl Tu diffères la fin d'une vie importune, Et n'oses t'affranchit* de inille morts par une! Veux-tu point voir Arcas à tè)9 yeuX égOl^? Attends-tu qu'en, son sein lé poignard y it ^li^gé ^