‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 242 sur 428 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les mêmes; FERRANDE.

AMINTAS

« coeur, brave captif, répond- il au visage, t d'un esprit serein portez-vous le servage ? oir les grands accidèns d'un œil toujours égal , <t savoir s'y résoudre , est la moitié du mal.

FERRANDE.

i les fers étonnoient et rendoient le teint blême , »-^ec quelle vertu verroit-on la mort même ?

358 LA BELLE ALPHRÈDE,

Oui , je porte , seigneur , un cœur et noble et fort, Préparé dès long-temps aux accidens du sort, Qui tient à son pouvoir toute crainte soumise. Et qui sait dans les fers conserver sa franchise : Hommes, dieux , éléraens , enfers, parques, priscm, Tenteroient vainement d'ébranler ma raison; Je ne connois la peur sur terre ni sur onde. Et verrois sans trembler la ruine du monde*

AGASTE.

Une constance telle, et dans telle saison. Certes , est sans exemple et sans comparaison.

AMIITTAS.

J'admire également, en ce sage langage, La grandeur de l'esprit et celle du courage, Et je me sens pressé par ces deux qualités D'apprendre et d'honorer le nom que vous portez i Et m'informer de vous quelle est votre naissance^ Pour régler les bienfaits par cette connoissance.

FERRANDE.

C'est là de mon destin la plus sévère loi , Qu'il faille relever d'un autre que de moi ; Qu'on en puisse exiger de lâches déférences , Et qu'entre nous le ciel ait mis des différences. Qu'heureux vous est le sort, qui fait que je ne pai» En des lettres de sang marquer ce que je suis!

ACASTE

Dieux! quelle extravagance à la sienne estég^la?

AMIITTAS.

Mais puisqu'à vos désirs la fortune est &tale. Qu'elle a les yeux bandes , et sans distinction

AC;TE II, SCÈNE IL :i5^

V. pour vous de ramour ou de Taversion , ^ue sert de quereller cette aveugle déesse, ^ que profitez-îvous du courroux qui vous presse? Slle est îndifTërente à tout homme de cœur; ît savoir la souffrir, c'est en être vainqueur.

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