‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 265 sur 428 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

ISABEL{j£; des VALETS la tiennent ^ pour t empêcher de se tuer; ORANTE.

ISABELLE

jaissez contre mon sein , laissez agir mes mains , )e meurtres et de rapts ministres inhumains , nflmes partisans de la fureur d'un traître Jai ravit maintenant l'être dont je tiens l'être! )n égorge mon père : un voleur plonge , hélas! Su son sein innocent son homicide bras , St vous voulez , cruels , vous voulez que je vive ! KoQsein demeure entier, et ma main reste oisive!

PREMIER VALET

Calmez ces vains transports.

ORAITTE.

Traîtres , qu'attendez-vous D'accon^plir d'un meurtrier le funeste courroux? Notre vie à vos coups sans défense exposée ▼ous offire pour Éraste une vengeance aisée : Servez sa passion , que délibérez-vous ?

39a LA BELLE ALPHRÈDE,

SGÈNE VIÏI.

Les mêmes; ALPHRÈDE, en cavalier; ACASTE,

EURILAS.

PREMIER VALET, aux outres^ Eraste a fait son coup; amis, retirons-nous.

^ (Us sortent)

ISABELLE, Cl Eurilas.

Achève ton forfait ; viens , monstre sanguinaire , Viens confondre le sang des filles et du père. Ah! ma sœur^ étouffons ce serpent odieux, La honte de la terre et la haine des cieux.

iRVTiiJjAS y se démasquant.

Ma fille, quel respect, quel devoir de nature Te permet ce transport?

( Alphrède et Acaste se démasquent.)

Quelle est cette aventure?

Que vois-je? est-ce mon père? 6 ciel! ô justes dieux! Dois-je ici m'assurer au rapport de mes yeux? ^

E.URILAS.

Baise à ces cavaliers les mains qui t'ont servie ; D'elles tu tiens l'honneur, d'elles je tiens la vieK A leur rare valeur le ciel avoit commis Le fléau qui devoit choir sur nos ennemis.

ISABELLE

Je ne puis qu'être ingrate à ce plaisir extrême ; Mais la vertu, mon père, est le prix de soi-même: Et qui sait dignement employer un bienfait, Seul prend sa récompense et seul se satisfait.

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