‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 311 sur 428 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ÉRASME, LUCIDOR, FILIDAN.

ERASME

^ père infortuné, sous quel astre sévère •^ ciel a-t-il ourdi ta vie et la misère ? ■'il dois-tu recourir si ce mal furieux %se l'art des mortels et le pouvoir des dieux ?

46a LA PÈLERINE AMOUREUSE,

LUCIBOR.

Que serviront, monsieur, ces inutiles plaintes? Quoi! votre esprit se rend aux premiè^ atteintes; Et dans une personne oii règne la v)ertu , Un premier accident trouve un cœur abattu ? Souffirez sans murmurer cette douleur extrêne ; C'est ainsi que le ciel caresse ce qu'il aime; Ce que sa main prodigue accorde aux passions Marque moins son amour que les afflictions.

ERASME

Si quelque espoir au moins adoucissoit ma peinç. Et que sa guérison on sa mort fût certaine. Je verrois , Lucidor, d'un œil respectueux Tomber sur mes vieux ans ce coup impétueux : Mais avec ce malheur de voir tout ce que j'aime Endurer sans mourir pire que la mort même , Une honteuse marque en reste à ma maison , Qui fait contre le ciel rebeller ma raison. Je tente vainement , pour soulager sa peine , Et le pouvoir céleste et la science humaine ; Tous remèdes sont vains , et mon soin impuissant Ne cause point de crise aux douleurs qu'elle sent.

LUCIDOR.

Monsieur, puisqu'aa rapport de ce saint personnage Un démon dans son corps n'exerce point sa rage, Et qu'un dérèglement si grand et si soudain N'est que le triste effet d'un accident humain, Tentons contre ce mal une dernière voie, Et souffrez seulement qu'une fille la voie; Elle emploie un secret si rare et si vanté Contre les accidens de cette qualité.

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