SCÈNE VIII
Les mêmes; CÉLIE, CÉLIANTE.
cihi^jjrappant Céliante.
Quoi! tu parois encore, Téméraire rival du chasseur que j'adore ! n faut en ta faveur, amant audacieux.
Par les coups de ma main guérir ceux de mes yeux. Mais il fuit, et déjà je passois les limites Qu'à mon char lumineux la nature a prescrites.
CELIANTE, à Lucidor'
Monsieur, j'ai trop contraint votre chaste désir; Vous m'avez obligé d'un ti:op rare plaisir; le remets en vos mains cette aimable maîtresse , Et ne m'oppose plus à l'ardeur qui vous presse.
LUCIDOR.
Quoi! VOUS avez nourri des désirs incertains^ Et la facilité refroidit vos desseins ? 0 Dieux ! quel changement !
470 LA PELERINE AMOUREUSE,
GIÉLIANTE. .
Ma raison est la Y^tre.
Adieu , faites vos jeux de l'intérêt d'un autre. Tel rit dont le ris tourne à sa ccmfusion ; Et le moindre ennemi nuit dans l'occasion.
. hvciDOKj à Célie.
Ainsi contre mes jours ta libre humeur excitç Des desseins dangereux si je ne les évite: Ce rival offensé ne peut souhaiter moins Que de nous voir un jour armés et sans témoins,
(CAïe sort.) FILIDAV.'
Je connois , Céliante , et je sais qui je pique : Ne craignez de sa part ni dessein ni pratique ; Un seul de mes regards, mon ombre seulement, Fera , s'il est besoin , trembler ce vain amant, ^e lâche m'abordant, si sa fureur lui dure, Aura toute la peur comme toute l'injure. Mais il ne manque point de générosité.
Si l'on croit ce qu'il dit.
LIJCIJDOR.
Ni toi de vanités
}pi]^ DU DEUXIÈME ACtE.