SCÈNE IV
ÉRASME, LUCIDOR.
ÉRASME
Sa douleur n'est pas telle Que votre propre soin ne puisse rien pour elle : Nous cherchons à son mal un secours étranger , Et vous seul, Lucidor, la pouvez soulager.
LUCIDOR.
Que puis-je en sa faveur? éprouvez mon envie. Le bien de sa santé dépend-il de ma vie? Dois-je à sa guérison et mon temps et mon bien? Ordonnez seulement, je ne réserve rien.
ÉRASME
Sa guérison dépend de ces seules paroles: Célie , il faut cesser , nos feintes sont frivoles ; Et nous ne verrons pas votre avare parent
Suppléer par les biens à ce mal apparent; Il a tout découvert. DeuiL mots de cette sorte Guériront son esprit d'une douleur si forte.
LVCIOOR.
Éloignez de chez vous cet esprit furieux; Vous ressentez déjà ce mal contagieux.
A voir ce que je vois, ce poison frénétique ,
Par un fréquent abord enfin se communique* Je ne la verrai plus.