SCÈNE IIL
FLORANTE, sous le nom de Floridan;
FLORIDAN
Pourquoi viens-tu si tard ? Je t'ai bien souhaité , Et tu me manques bien en la nécessité.
i36 LA CÉLIMÈNE,
FILAITDBE. '
Comment ?
^ FLORIDAN
Deux m'attaqudient : tu m'aurois secondée-
Et la querelle enfin ?
FLORIDAN
Nous l'avons accordée.
Admire mon esprit , reconnois mon pouvoir : . Ce n'est qu'un en ces lieux que m'aimer et me voir; Je fais mille jaloux , et toutes vos maîtresses Sont prodigues pour moi de vœux et de caresses : Les esprits les plus froids se sont laissé dompter. Filandre bienheureux! s'il s'en pouvoit vanter, Toute espérance alors me seroit bien ôtée.
J'ai bien plus fait que toi.
Comment?
Je tki domptée.
FLORIDAN
C'est où je reconnois mon pouvoir inégal : Je sais bien attaquer et je me défends mal ; J'abats et l'on m'abat , je fais aimer et j'aime ; Je fais que tout se rend et je me rends moi-même.
Il est vrai que tout cède à des charmes si beaux. Et je me sens atteint de mille traits nouveaux ; Je sais que ton mérite a touché Célimène ; L'amour qu'elle a pour toi ne m'est plus incertaine :