CÉLIMÈNE, FÉLICIE
FÉLICIE
m ne méprisez plus l'Amour ni son enfance , ne vous entends plus défier sa puissance; ms aimez à rêver ; ce visage est changé: m'abuse, ma sœur, ou l'Amour s'est vengé, y ne se fiant pas au pouvoir de ses charmes , fait à Floridan prendre pour lui les armes.
ne vous entends plus estimer vos liens : ûs n'a plus de part en tous vos entretiens ; tre humeur chaque jour devient plus solitaire : m'abuse, ma sœur, ou cette amour s'altère.
i38 LA CÉLIMENE.
L'humeur de Floridan a de certains appas ' Qui, si vous Tavouez, ne vous déplaisent pas.
FiLIGI£.
II plaît à tout le monde.
Il faut donc qu'il me plaise»
FÉLIGIE.
Mais ne craignez-vous plus ce tyran de notre aise, Cet aveugle démon, ce poison des esprits, Dont les fausses douceurs vous étoient à mépris?
GELIMÈITE.
Le craignez-vous, ma sœur?
FELIGIE.
J'ai franchi cet orage.
CiLIMÈWE.
Pour le franchir de même ai-je moins de courage? Dois-je avoir en horreur ce que vous approuvez. Et ne pourrai-je pas toijt ce que vous pouvez?
FÉLIGIE.
Pourquoi donc mille amans qui vous ont tant aimée ' N'ont-ils rien profité?
GÉLIMÈNE.
Vous m'en avez blâmée :
Vous me peigniez l'Amour plein d'appas et d'attraits; Je vous crois maintenant, et j^e cède à ses traits.
FELIGIE.
En un mot, Floridan a votre âme touchée; Son mérite vous plaît.
GELIMÈNE.
En êtes-vous fâchée?
Au moins ce choix est juste, et mon cœur enflammé