‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 107 sur 437 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

HERMANTE , FÉLISMOND se faisant habiller par des valets tïHemutnte^ et se coiffant au miroir.

FÉLISMOKD.

Que tes pas sont légers, princesse des étoiles,

£t que d^un soin pressé tu retires tes voiles !

Si le ciel n'est jaloux de mes contentemens ,

Et s'il t'a destinée aux repos des amans,

Peux-tu d'un cours si prompt achever ta carrière ,

Et laisses-tu sitôt renaître la lumière ?

Le ciel , pour obliger un de ses habitans ,

Te vit-il pas jadis rompre l'ordre du temps ?

Trois jours ton voile obscur couvrit notre hémisphère ,

Et Diane eut trois jours l'empire de son frère.

Mais que l'aveuglement d'un homme est sans pareil

Qui réclame la nuit pour jouir d'un soleil ;

Et que d'un vain souci mon désir me tourmente

Quand je veux être à l'ombre entre les bras d'Hermante !

H£BMANT£.

Sire, si votre espoir est suivi des effets,

Et si je vous ai plu , mes vœux sont satisfaits.

i56 L'INNOCENTE INFIDÉLITÉ,

Pour moi , si cette nuit peut trouver sa seconde , Ten préfère Tespoir à Tempire du monde : AIcmène avec Jupin eut de mrâidres plaisirs. Et n'eut jamais d'ardeur égale à mes désirs. Ne mets qu'un court obstacle à ma bonne fortune,, Soleil , et cache tôt ta lumière importune.

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