SCÈNE PREMIÈRE
HERMANTE , FÉLISMOND se faisant habiller par des valets tïHemutnte^ et se coiffant au miroir.
FÉLISMOKD.
Que tes pas sont légers, princesse des étoiles,
£t que d^un soin pressé tu retires tes voiles !
Si le ciel n'est jaloux de mes contentemens ,
Et s'il t'a destinée aux repos des amans,
Peux-tu d'un cours si prompt achever ta carrière ,
Et laisses-tu sitôt renaître la lumière ?
Le ciel , pour obliger un de ses habitans ,
Te vit-il pas jadis rompre l'ordre du temps ?
Trois jours ton voile obscur couvrit notre hémisphère ,
Et Diane eut trois jours l'empire de son frère.
Mais que l'aveuglement d'un homme est sans pareil
Qui réclame la nuit pour jouir d'un soleil ;
Et que d'un vain souci mon désir me tourmente
Quand je veux être à l'ombre entre les bras d'Hermante !
H£BMANT£.
Sire, si votre espoir est suivi des effets,
Et si je vous ai plu , mes vœux sont satisfaits.
i56 L'INNOCENTE INFIDÉLITÉ,
Pour moi , si cette nuit peut trouver sa seconde , Ten préfère Tespoir à Tempire du monde : AIcmène avec Jupin eut de mrâidres plaisirs. Et n'eut jamais d'ardeur égale à mes désirs. Ne mets qu'un court obstacle à ma bonne fortune,, Soleil , et cache tôt ta lumière importune.