‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 126 sur 437 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CÉLIMANT, LISANTE.

GÉLIMANT.

Quoi! vous passez ainsi? qu'un adieu seulement ^ Satisfasse, madame, un malheureux amant:

Quoi ! rien à mon amour, rien à la complaisance ?

LISANTE.

Rien; votre sœur m'oblige à cette diligence.

ClÉLIMANT.

Que lui procurez-vous?

LISANTE.

Je sers sa passion.

Mais quelle est, Célimant, votre indiscrétion? Laissez-moi ; l'on m'attend.

i86 CLORINDE,

cii.nA.kTSiTt^ la retenant.

Insensible, inhumaine, Le repos de ma sœur dôit-il croître ma peine? Mes jours sont-ils conduits par cet ordre fatal Que son allégement dépende de mon mal ?

LISANTE.

Que voulez-vous de moi?

Le seul bien de xous dire Que je sens chaque jour accroître mon martyre ; Que rna- constance enfin succombe à mes ennuis; Que j^ doute de vivre en l'état où je sais; £t que le ciel , sensible au mépris que vous faites ^ Est près de vous ravir une de vos défaites. Détournez mon trépas, madame, et conservez..... Mais vous riez déjà.

LISANTE.

J'écoute, poursuivez*

CJÉLIMAWT.

Et vous , soyez meilleure et cessez de poursuivre

Ceux qui brûlent pour vous et qui cessent de vivre :

Lorsque le ciel consent que de rares beautés

Aient un droit absolu dessus les libertés ,

Son pouvoir les rendant si capables de prendre ,

Il ne leur prescrit pas la loi de se défendre :

Hélène eut son Paris; et l'Amour* e6t si doux

Que sa mère jadis s'exposoit à- ses coups :

Si vous craignez si fort que ce vainqueur vous blesse^

Suivez-le par dessein et non point par faiblesse,,

Aidez à vous blesser, et ce coup généreux

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