ACTE II, SCÈNE IL
ARLAifDES, à part.
Dieiii! Tagréable fou!
(Il sort.) FLOAI8EL.
Toi qui cherches ma tête , Toi de qui Florisel fat cent fois la conquête , Aux pieds de qui cent fois il mit ses armes bas. Tu délibères, lâche, et ne le connois pas!
ROSARAir.
Vous êtes Florisel ? O rencontre propice! Que le sort aujourd'hui me rend un bon office! Le ciel me soit témoin que le but de mes pas ITest que de vous offrir le secours de mon bras; Que jamais à mortel je n'offre d'assistance , Si je me suis armé que pour votre défense. Vous connoîtrez en moi , par d'utiles eBets , Le plus sincère ami que vous eûtes jamais.
FLORISEt.
Le ciel montre les soins qu'il a de l'innocence. Et me voilà pourvu d'un ami d'importance. Adieu, puisses-tu voir ma tête entre tes mains, Si tu n*es, cher ami, le plus fou des humains.
(Usort.) ROSARAN.
Seroif-ce Florisel ? Qui me le peut apprendre ? Laissé-je aller un bien qui n'eût coûté qu'à prendre? le le cherche, le trouve, et ne l'attaque pas! Délibéré-je encore? il faut suivre ses pas. Non, domptons la fureur de ce bouillant courage; A la compassion faisons céder la rage; Et renonçons plutôt aux atteintes d'amour. Qu'offenser l'innocent et Je priver du jour.
a» AGÉSILAN DE COLCHOS^
Tyran de libertés , Amour , peste des âmes ,
7e brise tous tes fers, j'éteins toutes tes flammes;.
Et, plutôt que jamais relever de tes lois,
Je romprai ton bandeau , ton arc et ton carquois.
(Il sort.)