ACTE III, SCENE I. agS
AMELIE.
Si je ne le dédaigne ? O dieux ! quelle déesse Ne tiendrait à faveur le nom de sa maîtresse? Se peut-on dégager de ses charmans appas? Quelqu'un Ta-t-il connu , qui ne l'adore pas ?
LE VALET
Il est vrai que tout cède à son mérite extrême ; Il est fort valeureux , il me Ta dit lui-même , £t surtout son esprit a des charmes puissans.
▲MIÉLIE Utn
« A r aimable beauté qui captwe mes sens.
» La prière extravagante » D'un amant insensé » M'est une occasion favorable et plaisante > De faire voir ma peine aux yeux qui m'ont blessé.
» Je ne pense, je n'aspire
» Qu'à voir ces doux vainqueurs ; » Et mon cœur, loin de vous, sent un plus doux martyre » Que n'en peuvent sentir ensemble tous les cœurs.
» La nuit y songeant à vos charmes^ » J'accuse mon destin , » Et répands en mon lit un océan de larmes » Que Tardeur de ma flamme a séché le matin,
» Le soleil sortant de l'onde » Me laisse en même point , » Et, lorsqu'il est ^and jour aux yeux de tout le monde, « Il n'est que nuit aux miens quand je ne vous vois point.
» Hâtez- vous , belle Amélie y » D'alléger nie$ ennuis , » Bannissez de mes jours toute mélancolie , 9 Et tarissez les pleurs que je verse les nuits^
dDioitis. »'
LE VALET
Lisez- vous tout de bon?
AMiéxiE.^ Lis toi-même.
LE VALET
Ah! le traître!
Il nous a fait ce tourî il a trahi mon maître! Il m'a commis, moi-niième à porter ses poulets!' Ob lui fera, madame, employer ses valets^
AMEX^IE.
Qu'est-ce? conte-moi tout^
X'E VALET
Je vengerai Tinjure De cette propre nmin, si mon maître l'endurev Jamais traître que lui n'a fait rougir ce front ; Il lâche mon honneur, et j'ai part en faffrontc
AMELIE.
O dieux ! qu'il est plaisant !
LE VALET
Et vous riez, madame?
Si mon maître me crpit, il éteindra sa flamme; Vous mourrez de dépit , et la fin de ce jour Sera , s'il est prudent , la Gxi de son amour.
AHiLIE.
Conseiller inhumain , ennemi de mon aise , Qu'il cesse de m'aimer, et que je lui déplaise?