‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 243 sur 437 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Quelque mal qui m'arrive , il croit tout raisonnable A qui semble être né pour être misérable. Chez les grands le servage est plus rude en ce point Qu'aux forces le travail ne s'y mesure point , Qu'on n'y distingue point le droit de l'injustice, Et qu'il faut que tout ploie au gré de leur caprice; Leur esprit, franc de soins en son oisiveté, Trouve à tous nos travaux de la facilité , Et, sans considère^: jour, nuit, chaud, ni froidure. Veille, course , ni p^ne, à leur avis n'est dure. Mais dessus son malheur si long-temps méditer, Au lieu de l'amoindrir ne fait que l'irriter; Il est plus à propos que mon humble pensée, Compagne de mes vœux vers le ciel soit dressée, Et que je reconnoisse avec soumission Les biens que nous tenons de sa protection. Certes en ce combat , contre toute apparence , Ses faveurs ont de loin passé notre espérance ; Tous ont exécuté plus qu'ils n'avoient promis , Chaque coup mettoit bas un de nos ennemis ; Et mon maître , à nous voir les destins si propices, A douté si des dieux marchoient sous ses auspices. Des rebelles enfin l'espérance est à bas, Créon est rétabli dedans tous ses état^. Et mon maître vainqueur m'envoie à ma maîtresse Annoncer cette heureuse et commune allégresse.

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