‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 249 sur 437 · ACTE I, SCÈNE m · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE m

SOSIE

On m'appelle Sosia.

MERCURE

0 dieux! quelle impudence , ou quelle frénésie I

SOSIE

Je ne m'abuse point, je parle sainement.

MERCURE

L'imposteur ! leffronté ! de quelle audace il ment ! On t'appelle....?

SOSIE

Sosie.

MERCURE

A ton dam, misérable ^ Tu viens si prestement de fwger cette fable r De cette invention cent coups seront le prix.

(II le bat.)

SOSIE

Au secours ! au voleur ! Tout est sourd à mes cris.

MERCURE

Au mensonge , pendard , tu joins encor la plainte !

SOSIE

h ne t'ai point menti , je t'ai parlé sans feinte.

Quoi ! Sosie est ton nom ?

SOSIE

Je te l'ai dit , bélas 1

MERCURE

Sosie?

SOSIE

Et plût au ciel ne le fussé-je pas ?

MERCURE

Mes poings, cent coaps encor pour cette menterie.

SOSIE

Qui veux-tu que je sois, dis-mot dcmc, je te prie? Épargne un malheureux.

MERCURE

Dis ton nom, affrcmteur,

SOSIE

Je suis ce qui te plaît , je suis ton serviteur. Car tes coups m'ont fait tien.

MERCURE

Ton audace est extrême Jusques à m'affronter et prendre mon nom même ? C'est moi qui suis. Sosie , et dans cette maison Jamais d'autre que moi n'en a porté le nom. Que viens-tu faire ici?

Chercher mon cimetière, Et fournir à tes coups une indigne matière.

MERCURE

Es-tu Sosie encor? Réponds, qui l'est de nous?

SOSIE

Plût aux dieux le fût-il, et. reçût-il les coups!

MERCURE

Approche, dis. ton nom, parle; quel est ton maître?

SOSIE

Tu m'as mis en état de ne me plus connoître. Â quelle déité s'adresseront mes vœux?

Mon maître est.*...

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