ACTE I, SCÈNE m
SOSIE
On m'appelle Sosia.
MERCURE
0 dieux! quelle impudence , ou quelle frénésie I
SOSIE
Je ne m'abuse point, je parle sainement.
MERCURE
L'imposteur ! leffronté ! de quelle audace il ment ! On t'appelle....?
SOSIE
Sosie.
MERCURE
A ton dam, misérable ^ Tu viens si prestement de fwger cette fable r De cette invention cent coups seront le prix.
(II le bat.)
SOSIE
Au secours ! au voleur ! Tout est sourd à mes cris.
MERCURE
Au mensonge , pendard , tu joins encor la plainte !
SOSIE
h ne t'ai point menti , je t'ai parlé sans feinte.
Quoi ! Sosie est ton nom ?
SOSIE
Je te l'ai dit , bélas 1
MERCURE
Sosie?
SOSIE
Et plût au ciel ne le fussé-je pas ?
MERCURE
Mes poings, cent coaps encor pour cette menterie.
SOSIE
Qui veux-tu que je sois, dis-mot dcmc, je te prie? Épargne un malheureux.
MERCURE
Dis ton nom, affrcmteur,
SOSIE
Je suis ce qui te plaît , je suis ton serviteur. Car tes coups m'ont fait tien.
MERCURE
Ton audace est extrême Jusques à m'affronter et prendre mon nom même ? C'est moi qui suis. Sosie , et dans cette maison Jamais d'autre que moi n'en a porté le nom. Que viens-tu faire ici?
Chercher mon cimetière, Et fournir à tes coups une indigne matière.
MERCURE
Es-tu Sosie encor? Réponds, qui l'est de nous?
SOSIE
Plût aux dieux le fût-il, et. reçût-il les coups!
MERCURE
Approche, dis. ton nom, parle; quel est ton maître?
SOSIE
Tu m'as mis en état de ne me plus connoître. Â quelle déité s'adresseront mes vœux?
Mon maître est.*...