JUPITER , ALCMÈNE , MERCURE
JUPITER, SOUS la figure (T jimphùryon,
Avecque ce baiser je te laisse mon âme;
Adieu, conserve autant que j'emporte de flamme.
Hyménée à mes yeux ne fut jamais si beau ,
Jamais d'un si beau feu n'éclaira son flambeau ;
Jamais de Jupiter les agréables crimes
En douceur n'ont passé nos baisers légitimes :
Surtout conserve-toi ; le temps est expiré
Où nous doit naître un fruit si long-temps désiré ,
Où Thèbes de ma couche attend un capitaine ,
Digne sang de mon sang et de celui d'Alcmène.
ALCMJEJVE. «
Quel si pressant besoin vous tire de ce lieu, Où le salut à peine a précédé l'adieu?
JUPITER
Je m'acquitte des soins où Créon me destine : Par l'absence du chef, tout le corps se ruine; Mon amour même ici dérobe à mon devoir Ce court et^doux moment que j'ai pris pour te voir: Moi-même j'ai voulu t'apprendre les nouvelles Du fruit de mon voyage et du sort des rebelles; Et t'offrir de ma main ce riche vase d'or Qui jadis de Ptérèle embellit le trésor^
Adieu, laisse-moi rendre un devoir à mes armes;
Et laisse mon retour au seul soin de tes charmes.
(Alcméne sort.)
Déesse du repos , nuit y mère du sommeil , Achève enfin ta course, et fais place au soleil.
FIN DU PREMIER ACTE