‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 266 sur 437 · ACTE II, SCÈNE III. 4o · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. 4o

Avec d^autres que moi tu partages ma couche^ Tu reçois des baisers d'autres que de ma bouche. O dieux ! ô Jupiter, tu vis ce suborneur D'un immortel affront diffamer mon honneur, Et, cruel, à tes yeux tu souffris cette injure!

SOSIE

Je ne sais quel caprice est celui de nature , J'ignore son dessein ; mais , à cç qi|e je voi , Vous êtes pour le moins aussi doqbte que 9noi, Quelqu'autre Amphitryon se donne en votre absence Le même soin que vous et la même puissance; Ailleurs que dans le camp il s'est porté des coups; Combattant pour autrui, l'on combattoit pour vous.

ALGMÈlfE.

J'atteste de Jupin la puissance suprême Que mon lit n'a reçu <âie mortel que vous-même , Ou que vive je brûle en 1^ place où je sui^; Femme j'ose jurer, mais chaste je le puis. Les biens de mes parens sont un vil héritage ; Teus la crainte des dieux et l'honneur en partage ^ Ma pudeur, mon respect, ma chaste affection, Plus que tout autre bien sont ma possession.

AMPHITRTOir.

Tout esprit, tout conseil et tout sens m'abandonne; J'ignore qui je suis, et se connois personne.

4QSIE.

Quelque savant démon , en la magie expert.

Fait qu'ainsi tout se change, et se double et se perd.

AMPHITRTOrr.

Si faut-il avec soin éclaircir cette affaire.

4o4 LES SOSIES,

ALCMÈITE.

Vous avez liberté comme droit de le faire.

AMPHITRYON

Même j'en ai moyen : si j amène du port Naucrate ton parent, croiras-tu son rapport? Il sait ce que j'ai fait depuis notre venue , Et n'a pas d'un moment abandonné ma vue ; Consens-tu, si sa voix convainc tes faussetés, Â rompre 4e lien qui joint nos libertés?

Soit qu'il prouve ma faute, ou me trouve innocente, Si vous le désirez il faut que j'y consente.

amphitAton.

Je reviens. Va , Sosie , entre et m'attends chez oous^

(Usort.) ALCMÈNE.

Qui rend cet insensé de soi-même jaloux?

SOSIE, a Alcmène.

Puisque nous sommes seuls, bannissons toute feinte, Guérissez-moi l'esprit d'une mortelle crainte. Ne m'avez-vous point vu? ne suis-je point chez nous? Et ne ni'attends-je point pour m'accabler de coups?

GEPHALIE.

Que dit cet insensé?

ALCMÈlfE.

Ne m'approche pas, traître.

Suppôt d'un imposteur, valet digne du maître.

Flir DU DEUXIÈME ACTE.

Page 1