SCÈNE IV
SIDONIE seule. n
Quel succès séchera mon œil toujours humide?
Donc, pour prix de moi«même, un ingrat, ua perfide t
Triomphe insolemment de mes affections ,
Et met son crime au rang des belles actions!
Il trouve de la gloire à m'avoir méprisée;
Et sa tête , au hazard des armes exposée ,
Tire de mes desseins moins de peur que d'orgueil.;
Ne les nomme qu'amour, et ma rage qu'un deuil;
Mes édits n'ont rien fait^^ publier ma honte ;
Il n'a point d'ennemis que son bras né surmonte;
Et je semble , au dessein d' alléger ma douleur.
N'avoir eu que. celui d'exercer sa valeur! - '
Mais il se plaît encor d'irriter mon martyre. •
M'en voyant ses vaincus, ne me veut-il pas dire:
Vois comme ta fureuir s'exerce vainement ;
Je ne fais qu'un jouet de ton'reissentiment;
Je suis, comme de toi, maître de la fortuile;
Les combats me sont doux , et tu m'es importune.
Devant perdre le jour ou paroître à tes yeux, *
Et mourir ou t*aîmer, là mort me plaîroit mieux?
Voilà de cet ingrat la superbe pensée;
Et c'est ce qile mérite une ardeur insensée
Qui fait contre ma haine encore un tel effort.
Que j'ai de la contrainte à désirer sa mort.
Quoi ! mon aversion est encore douteuse !
O trpp basse foiblesse ! ô lâcheté honteuse!
Qu'il meure ce tyran de mes jeunes désirs;
5a AGÉSILATÏ DE GOLGHOS,
Qu'il meure, et qu'en sa mort renaissent mes plaisirs : C'est mériter pion mal que de craindre sa peine. Dieux , vengeurs des forfaits , satisfaites ma haine.
SCÈN'E V.
SIDONIEj ANAXARTE, LE PAGE.
. AiyAXARTE.
Des pays reculés oîi se lève le jour.
Après de longs travaux, j'arrive en,. cette cour^
Oîi le bruit des beautés dont l'infante est pourvue
Me fait à vos genoux en implorer la vue.
J'ai l'heui: d!âtFe:né prince|L ijt'Ciette qualité
Me promet cet honneur de votre majesté.
Je vous suis ojbjigéç., et $4 gloire est insigne^ D'avoir causé jces pas dont vous la jugez digne* Page, a^ielnez Dianç.
.., ANAXAKTE. , .
A quel ravissement.
Se disposent mes yeux: en cet heureux moment ! Tout J'Orient , charmé du bruit de ses merveilles , A pour son seul renom des voix et des oreilles ; Sans guerre elle a vaincu tant de princes divers, Qu'elle a fait son. pays de tout cet univers, Et, pareille au moteur de la vqûte azurée, Sans se rendre visible est partout adorée. Mycène est mon pays, Anaxarte.mon nom.
Et je viens, attiré par un si beau renom, Offrir d'hum]:)les devoirs et rendi'e un juste hommage A ce jeune soleil, miracle de notre âge.