SCÈNE V
ALCIONE seule. >
Mon mal, grâce à TAmour, n'étoit pas sans remède;
J)éjà la passion à Timpuissance cède :
Ma raison et ce dieu traitent déjà d'accord,
Et ma nef échappée est revenue au port.
Malicieux auteur des liens que je brisé,
Amour, console-toi d'avoir failli ta prise :
Assez d'autres sans moi font preuve à leurs dépens
Du pouvoir que le ciel t'a donné sur les sens;
Trop de jeunes beautés en font l'apprentissage,
Et les plus fermes pas glissent en ce passage.
Si je sais deviner en matière- d'amour,
Un de ces deux passans fait foi de ce discours,
Et cache avec son sexe une tache honteuse
Qui fait qu'il ne tient pas ta puissance douteitee;
5o4 LES DEUX PUCELLES,
Mon cœur â'un vain souci s^étoit embarrassé^ Et mon premier déçîr s'étoit mal adressé. Que foible est le lien ^ que doux est le servage Dont si facilement un esprit se dégage! Mes fers ne m'ont laissé ni marque ni douleur ^ Ma cendre est amortie et n'a plus de chaleur^