‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 358 sur 437 · ACTE V, SCÈNE VI. 54i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI. 54i

Yengez-vous sans pitié sur cette malheureuse; Soyez aussi cruel que je suis amoureuse; Qu'au delà de ma mort aille votre courroux: Mais sauvez votre gendre, ^pargùez mon époux.

D. LOUIS

Également touché de jbie et de colère ,

La première défend ce que l'autre veut faire.

Je veux, poussé d'amour, l'embrasser comme enfant,

Et comme vicieux l'honneur me le défend.

D. HEITRI.

Qui doit être mon aise ou ma colère vaine? Et qui 4loit l'emporter , ou l'amour ou la haine ?

THiODOSE.

-Mon père!

D. HENRI, V embrassant.

Ah! ce nom seul m'arrache le pardon, Quaad même je voudrois lui refuser ce don. Qu'en vain sans la nature un parent délibère, £t qu'il est malaisé d'être cruel et père !

D. Lou I s , embrassant sonjîls.

Ce pardon accordé si généreusement £st une loi prescrite à mon ressentiment.

D. AiTTOiNE, a tous deux.

Par un bon naturel , qui tout autre surpasse , Joignez à la première une seconde grâce; Agréez le saint nœud dont nous sommes unis ; Ainsi de vos vieux ans tous malheurs soient bannis.

D. LOUIS

Qu'elle dure à jamais cette agréable chaîne ; Dépouillons , mes amis , dépouillons toute haine : Qu'il dure ce beau nœud, puisque le ciel l'a fait.

54a LES DEUX PUCELLES,

D. HENRI

Par lui je vois mes vœux surpassés de l'efTet. Vivons , vivons heureux , et que cette manie De nous entre -tuer d'entre nous soit bannie.

D. SAirCHE.

Mon affront , plus sensible aujourd'hui que jamais, Ferme pour mon regard la porte à cette paix ; Par de mêmes appas ma fiile subornée , Avoit bien mérité pareille destinée ; Hymen en quelque sorte eût couvert ce forfait : Mais que de son amour des mépris soient refTet, Qu'en elle soit souffert ce qu'en l'autre on répare. Là mon ressentiment trop juste se déclare, Et le péril certain de cent visibles morts Offriroit vainement la bride à mes transports. Mais c'est à son auteur que ma fureur s'adresse , Et mon âge penchant méprise sa jeunesse : Il reste assez de cœur à ce débile corps Pour vouloir mesurer ma force à ses efforts. Que du père aille au fils le soin de la défense, Et qu'enfin la raison vienne d'où vient Toffeose.

D. ANTOIIfE.

Si les desseins qu'on a pour de jeunes bçautés Passent pour criminels sans être exécutés , Je vous dois, il est vrai, raison de cette injure: Le crime que j'ai fait est de cette nature. Le ciel sait que jamais au delà du penser Votre fille à mes vœux n'a permis de passer^ J'ai juré, j'ai promis; mais sermens ni promesses Au delà de l'honneur n'ont porté ses caresses. Ni fait à son amour produire autre action

Page 1