D.. SANCHE
Dieux! qu'est-ce que je vois?
PREMIER ARCHER CL D. Sonche.
Si j'ai fait action Qui passe le devoir de ma commission ,
J'attends votre sentence., ordonnez mon supplice. Mais quel* crime commets-je en servant la justice? Poursuivant les voleurs errans par ces forêts , Commis à ce devoir, et par votre ordre exprès , Celui que voyez est tombé dans nos piëges, Coupable de larcins, carnage, sacrilèges, Et qui de deux marchands achevoit le trépas, Ce que sa propre voix ne démentira pas. Nous l'amenions à vous lorsque, sans autre enquête, Ce passant a voulu nous ravir notre quête : Sa violence au moins se devoit expliquer, Mais elle n'a fait qu'un de voir et d'attaquer. Sachez de ce voleur les raisons de sa prise : Contraint par ses remords , lui-même l'aiftorise ; Son silence déjà vous dit plus que ma voix. Et l'abandonne en proie à la rigueur des lois.
L^OCADIE.
Oui , déployez sur moi toute leur violence ; ,
Ma voix, s'il est besoin, avoûra mon silence.
Oui , mes crimes pesés passeront leur rapport ;
L'honneur n'a point de lois qui n'ordonnent ma mort.
Ne me répondez pas en qualité de père.
Mais en celle de juge où l'on vous considère :
Otez-moi tout accès près de votre amitié;
Ecoutez la raison , et non pas la pitié ;
De votre illustre sang retranchez ce prodige
Qui si honteusement déshonore sa tige;
Voyez que tant d'horreur est jointe à mon ennui
Qu'il est même insensible à l'ingrat que je sui.
De quel œil voyez-vous cette manie extrême.
Voyant que son objet la condamne lui-même?
Il me chasse , il me fuit , il évite mes pas.