ACTE ly, SCÈNE IX
Par qui vous désirez que son crime s'efface ? Puis-je d'un naturel si sensible et si doux Espérer le pardon que j'implore à genoux ? Interdit, et pareil à ces esclaves traîtres Qui pensant échapper ont rencontré leurs maîtres. Madame, je ne puis que rentrer sous vos lois, Et prier vos beautés de rétablir vos droits ; Car en6n vous venger seroit votre dommage ; Ce seroit ruiner votre propre héritage ; Vous vous appauvririez en me pensant punir; Et c'est la seule mort qui nous doit désunir.
LAURE
Faites- vous la faveur qu'il faut que je vous fasse; Vous possédez mon cœur , prenez-y votre grâce, Et reconnoissez-y si votre aversion Auroit rien altéré de son affection. '
OCTAVE
Seigneur, votre alliance est déjà trop tardive; Vous la devriez presser : demain l'in&nte arrive; La nouvelle ce soir en est venue au roi.
CRANTEE.
O dieux! Cléandre aussi m'a-t-il manqué de foi? Ou mon père auroit-il diverti son message , Qui devoit de l'infante empêcher le voyage ? Résolvez-vous, madame, au joug que je prétends; Soyons bons ménagers de ce reste de temps; Faisons que le soleil, commençant la journée, Demain nous trouve unis du saint nœud d'hyménée; £t laissant faire au roi des desseins superflus^ Tïous ne pourrons donner ce que nous n'aUrons plus.
FIN DU QUATRlà:ME ACTE.
63o LAURE PERSÉCUTÉE,
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