ACTE II, SCÈNE III. a
GENEST
Qu'entends-je , juste ciel , et par quelle merveille ,
Pour me toucher 4e cœur me frappes^ tu l'oreille?
Souffle doux et sacré qui me viens enflammer ,
Esprit saint et divin qui me viens animer ^ ,
Et qui me souhaitant m'inspire le courage,
Travaille à mon salut, achève ton ouvrage.
Guide mes pas. douteux dans le chemin des cieux ,
Et pour me les ouvrir dessille-mol les yeux.
Biais, ô vsdne créance et frivole pensée,
Que du ciel cette voix m*e doive être adressée!
Quelqu'un s'apercevant du caprice oîi j'étois ,
S'est voulu divertir par cette feinte voix.
Qui d'un si prompt effet m'excite tant de flamme ,
Et qui m'a pénétré jusqu'au profond de l'âme.
Prenez , dieux , contre Christ , prenez votre parti ,
Dont ce rebelle cœur s'est presque départi ;
Et toi contre les dieux, ô Christ, prends ta défense,
Puisqu'à tes lois ce cœur fait encor résistance ;
Et dans l'onde agitée où flottent mes esprits
Terminez votre guerre , et m'jen faites le prix.
Rendez-moi le repos dont ce trouble, me prive^