SCÈNE PREMIÈRE
FÉDERIC seul.
Que m^avez-vous produit, indiscrètes pensées,
Téméraires désirs , passions insensées ,
EfForts d'un cœur mortcH pour d'immortels appas.
Qu'on a d'un vol si haut précipités si bas?
Espoirs qui jusqu'au ciel souleviez de la terre, »
Deviez- vous pas savoir que jamais le tonnerre.
Qui dessus votre orgueil enfin vient d'éclater,
Ne pardonne aux desseins que vous osiez tenter?
Quelque profond respect qu'ait eu votre poursuite,
Vous voyez qu'un refus vous ordonne la fuite.
Évitez les combats que vous vous préparez;
Jugez-en le péril et vous en retirez.
Qu'ai-je droit d'espérer , si l'ardeur cpii me presse
Irrite également le prince et la princesse;
Si, voulant hasarder ou ma bouche ou mes yeux.
Je fais l'une malade et l'autre furieux?
Apprenons l'art, mon cœur, d'aimer sans espérance
Et souffrir des mépris avecque révérence;
Résolvons-nous sans honte aux belles lâchetés